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ÉDITORIAL du dimanche 5 novembre 2023 – 31e dimanche du Temps Ordinaire – année A
Retrouvez la feuille paroissiale pour la période du 4 au 12 novembre
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23, 1-12
« Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de
maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »
Vous voyez, le Seigneur pense comme moi ! Nous avons une espèce de satisfaction à lire ces lignes. Quand Jésus vient tancer les pharisiens et les scribes, le parallèle est vite fait avec les prêtres, voire les évêques, que nous avons.
Comme les scribes, ils sont paresseux, ils ne peuvent rien faire seuls, ils demandent toujours aux autres de faire ce qui est de leur office. Ils sont vaniteux, ils paradent et se font remarquer. Ils manquent de simplicité et le pire de tout, ils disent et ne font pas.
Jésus leur reproche leur incohérence, et nous ajoutons nous aussi notre petit couplet, au cas où Jésus ait oublié quelque chose…
En pensant cela, n’avons-nous pas l’impression de faire partie, nous aussi, du même lot ? Scribes et pharisiens font partie de la même humanité que nous, alors pourquoi voulons-nous qu’ils soient meilleurs que nous ? Qu’ils ne partagent pas les mêmes limites que nous ?
Une seule phrase de l’Evangile résume le comportement et le jugement que nous devons avoir les uns vis-à-vis des autres : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Aimez-vous comme des frères. Que faisons-nous de ce commandement du Seigneur ? L’amour du prochain résume à lui seul la loi et les prophètes.
Etre frères suppose que nous nous reconnaissions tous fils du même Père, comme le disons à la prière dominicale. Effectivement, personne n’est père et personne n’enfante les autres. Nous sommes tous fils de Dieu. Avec le même raisonnement, nous pouvons aussi dire qu’il n’y a qu’un seul enseignant et un seul maître, le Saint-Esprit, qui enseigne tout en tous.
Nous comprenons fort bien cette injonction du Seigneur : n’appelez personne père, n’appelez personne maître. Dans le royaume de Dieu, il n’y a ni maître ni père, mais simplement des frères au service les uns des autres.
Alors pourquoi ces titres existent-ils toujours ? Est-ce par orgueil ou simplement par tradition ? Peut-être aussi pour signifier une autre réalité : il est parfois nécessaire de se reposer sur un père ou de s’en remettre à l’avis d’un maître. Nous sommes dans un entre-deux, le Royaume est inauguré et il n’est pas encore réalisé. Nous avons toujours besoin d’un autre, qui peut être le signe du Tout Autre, qu’il soit prêtre ou pas, qu’on l’appelle père, maître ou pas … La seule posture qui soit acceptable pour l’un et pour l’autre est une humilité profonde, que nous pouvons toujours demander à Dieu de nous donner.
Père Jorge JIMENEZ
ÉDITORIAL du 29 octobre 2023 – 30 e dimanche du Temps Ordinaire – année A
Retrouvez la feuille paroissiale pour la période du 28 octobre au 12 novembre
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez pour le 30e dimanche du Temps Ordinaire
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez pour la Toussaint, 1er novembre
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez pour le jour des défunts, 2 novembre
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 34-40
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »
Mettre Dieu à l’épreuve.
Ce pharisien ne manque pas de toupet ! Il va interroger Jésus, le Rabbi, non pas sur une question de mœurs ou de conduite, mais sur une question de religion.
Il lui demande le premier commandement, et Jésus lui récite le « Shéma Israël ». Cette prière qui est la base de toute la relation d’Israël avec son Dieu. Cette prière qui se trouvait écrite sur des milliers de parchemins à l’entrée des maisons, dans les mézouza. Cette prière, tirée du livre du Deutéronome, indique avant tout que tout juif est dans une relation d’alliance avec son Dieu unique.
Le pharisien demande au Rabbi s’il vit les commandements, et quelle est sa relation à Dieu. En effet, la Thora contient les livres de la loi et ceux-ci codifient et font exister cette relation fondamentale entre Dieu et son peuple.
Nous comprenons maintenant le surprenant de cette scène. Jésus n’est pas interrogé sur le catéchisme, mais sur sa relation à Dieu son Père. La réponse ne pouvait être autre. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… » et qui plus que lui peut l’aimer ?
Jésus pouvait s’arrêter à cette réponse, mais non, il continue. Il ouvre sa réponse et englobe le prochain au même titre que Dieu.
Le prochain n’est pas désigné, le prochain n’est pas un ami, ni un membre de la famille. Le prochain est cet inconnu sur le bord du chemin, qu’illustre parfaitement la parabole du bon samaritain. C’est cette personne-là qu’il faut aimer comme soi-même. Cette personne qui vient nous déplacer et perturber notre quotidien. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Il y a donc trois personnes qui doivent vivre d’une relation d’amour ; Dieu avant toute chose, le prochain et soi-même. Le dernier est souvent le plus mal loti. Par cette simple phrase, Jésus vient interroger nos relations fondamentales. Nous sommes aussi appelés à nous aimer et, j’en conviens, c’est souvent la relation la plus difficile à mettre en place.
Nous aimer dans ce que nous sommes. Nous aimer dans les relations que nous entretenons avec ceux que nous côtoyons et qui nous renvoient une image de nous-mêmes qui parfois nous dérange. Nous aimer dans notre relation à Dieu. Ce Dieu qui sans cesse nous bénit et qui nous accompagne, mais que bien souvent nous délaissons au profit de chimères.
De ces relations dépendent toute la loi et les prophètes.
Avec le Christ, ce pharisien nous interroge : Où en sommes-nous dans ces relations d’amour et de vie ?
Père Jorge JIMENEZ
EDITORIAL du dimanche 22 octobre 2023 – 29e dimanche du Temps Ordinaire – année A
Retrouvez la feuille paroissiale du 21 au 29 octobre 2023
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 15-21
« Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il
leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent :
« De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce
qui est à Dieu. »

Bandes d’hypocrites !
Nous entendons bien souvent cette phrase dans la bouche de Jésus. De là à penser
que Jésus avait le don de catalyser contre lui les énergies négatives des menteurs et
des hypocrites, il n’y a qu’un pas.
Les pharisiens et les partisans d’Hérode se mettent d’accord pour piéger Jésus. Cette
alliance est contre nature. Mais quand on veut atteindre le même but – éliminer le
gêneur – toutes les compromissions sont bonnes.
La question posée est simple : faut-il, ou non, payer l’impôt ? Mais la réponse n’est
pas simple. Il faut prendre Jésus au piège. S’il répond oui, Jésus est un collaborateur,
c’est un mauvais juif, il faut l’arrêter car il trahit la cause juive, les pharisiens sont là
pour appliquer la sentence.
S’il répond non, c’est un rebelle à l’ordre impérial, il fomente une révolte, il faut
l’arrêter et les partisans d’Hérode sont là, eux aussi. Jésus n’a pas de solution. Quoi
qu’il dise, il est perdu.
Qu’y a-t-il sur la face de la pièce ? A vous de répondre. A qui appartient cette
dernière ?
A César qui, dans sa mégalomanie, a fait que tout l’Empire ait la même monnaie à son
effigie. L’empereur est le maître de l’argent et de tous les biens, il ne s’agit pas de la
monnaie du temple, elle est celle de l’empereur. Alors rendez-lui ce qui lui appartient.
Quelle magnifique réplique, qui est passée dans la mémoire collective, sans toujours
que l’on sache qu’elle est tirée de l’Evangile.
Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Cette expression préside
à la séparation des pouvoirs.
Il est toujours bon de se rappeler qu’il y a une séparation entre le pouvoir temporel et
le pouvoir spirituel. L’un devrait être au service de l’autre, mais chacun dans son
champ d’action et son domaine de compétence. Nous entendons aussi les
exhortations du pape François, qui nous met en garde contre une Eglise mondaine
qui pourrait utiliser trop facilement les critères de réussite du siècle pour juger de
l’efficacité de la Parole de Dieu.
Il faut rendre à César ce qui est à César. L’argent n’est pas en soi une mauvaise chose.
Il doit être au service d’un projet, il ne doit pas être au service de lui-même. Servir
l’argent, en faire un dieu ou une arme, un moyen de pression et de coercition est
contraire à la finalité des biens de la terre et, en définitive, à la création toute entière.
N’oublions jamais que nous sommes les intendants de la terre : Dieu nous l’a confiée
et notre mission est de la lui remettre en temps voulu. Il faut rendre à Dieu ce qui
appartient à Dieu.
Père Jorge JIMENEZ
EDITORIAL du dimanche 15 octobre 2023 – 28 e dimanche du Temps Ordinaire – année A
Retrouvez la feuille hebdomadaire du 14 au 22 octobre
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 1-14

“Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.
Il y a donc un dress code pour le mariage du fils du roi, mais qui le sait ? Que se passe-t-il ? Pourquoi les bien-pensants et les notables, tous ceux qui devraient se ruer à cette réception, déclinent-ils l’invitation ?
Le mariage d’un fils de roi est le lieu où il faut être, là où il faut se faire voir. Le roi aurait-il perdu de son importance, le roi serait-il devenu un paria ? Les excuses données sont sans doute valables, voire louables, mais tout de même, refuser une invitation à un banquet… Quel manque de savoir-vivre ! En particulier pour ceux qui ont assassiné les serviteurs-messagers. Pourquoi un tel accès de violence, il ne s’agit, somme toute, que d’une invitation à une noce…
Si les uns ne veulent se rendre disponibles, allons chercher les autres. Il faut que la fête soit belle, et le banquet est ouvert au plus grand nombre. Allez par les chemins, invitez largement à la noce. La salle du banquet est maintenant pleine. La fête peut avoir lieu, le mariage va être célébré et les convives seront rassasiés.
Il y a tout de même un détail qui gâche la fête : un des convives n’est pas en habit de noce. Un seul, alors pourquoi cette sentence ? Pour un seul, le roi pourrait faire une exception et laisser la fête se dérouler. Une expression me revient : quand le ver est dans le fruit, tout le fruit est pourri. Ne sommes-nous pas dans cette situation ? Il faut tout assainir, sinon il y a danger de contamination.
Essayons de relire cette parabole à la lumière de notre temps. Il serait facile de penser que les invités qui refusent de venir au banquet sont les croyants de la première alliance. Ceux qui ont reçu la révélation, mais qui se trouvent trop occupés pour accepter de se renouveler. Nous acceptons facilement d’être les invités de la dernière heure. D’être ceux qui participent au banquet de noces, mais alors pourquoi l’habit de fête n’est-il pas porté par tous ?
Il nous faut sans doute aller encore plus loin dans la qualification des personnages et ne pas catégoriser trop vite les serviteurs, les premiers et les derniers invités.
Le Seigneur invite et ne cesse d’appeler. La salle du banquet pourrait être nos églises qui ont plus de place pour accueillir que de personnes à accueillir. Le banquet est le repas eucharistique où le Fils de Dieu célèbre ses noces avec l’humanité, et cet invité pourrait être l’un de nous qui ne se réjouit pas de vivre ce moment et qui, par son attitude, est plus proche du ver que du fruit.
Père Jorge JIMENEZ
ÉDITORIAL du 8 octobre 2023 – 27 e dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Retrouvez la feuille hebdomadaire du 7 au 15 octobre
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21, 33-43
« Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’ Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

Quand le maître de la vigne viendra, que croyez-vous que ces vignerons homicides vont faire ? Le laisser les chasser bien tranquillement ou lui appliquer le même sort qu’à son fils ?
Cet épilogue n’est pas prévu dans la proposition que Jésus fait aux grands prêtres et aux anciens, l’on comprend bien pourquoi. Mais aujourd’hui, cette finale pourrait être malheureusement d’actualité.
Notre temps a tué le Fils et tenté d’éliminer le Père. Nous nous retrouvons dans un siècle sans Maître, pour ne pas dire sans Dieu, pour reprendre l’expression « sans Dieu ni maître ».
Reprenons cette parabole. Le maître de la vigne prend soin de son bien, il le prépare afin qu’il puisse donner de bons et beaux fruits. Ce qui est étonnant, c’est qu’il s’en va.
Il confie son œuvre à d’autres personnes, à des vignerons, à des tâcherons qui ne sont là que pour recueillir les fruits du travail d’un autre. Ces vignerons pourraient être reconnaissants, mais non, ils dévoient leur mission. Ils veulent devenir maîtres de ce qui n’est pas à eux, et pour arriver à leur fin, leur félonie n’a pas de limite : ils sont prêts à tuer le fils du maître pour devenir les héritiers.
Le Père a bâti le pressoir pour le Fils, l’héritage est le produit de la vigne, l’héritage est le fruit du travail de tous les acteurs, le père et les vignerons. Leur Mission était de prendre soin et non de capter, mais quand les rôles ne sont pas respectés, nous en arrivons à l’extrême de l’homicide.
Les grands prêtres suggèrent le remplacement des misérables. Et ils ont raison. Il ne convient pas de laisser l’œuvre du Seigneur entre des mains qui ne sont pas dignes de confiance. Nous pensons tous que les premiers vignerons sont une image du peuple élu, du peuple qui a reçu la Torah et qui n’a pas su accueillir le Fils et a fini par le crucifier. Ces vignerons homicides pourraient tout aussi être certains chrétiens qui croient aujourd’hui être les légitimes propriétaires des biens de Dieu et qui oublient qu’ils ont la même mission que les tout premiers vignerons : prendre soin de la vigne et remettre au Père, en temps voulu, les fruits de justice, de paix et d’amour qu’il auront su recueillir.
Père Jorge JIMENEZ
Messe de rentrée – 26ème dimanche du Temps Ordinaire – 1 er octobre 2023
Retrouvez la feuille hebdomadaire du 30 septembre au 8 octobre
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21, 28-32
« S’étant repenti, il y alla«

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
Ce texte est criant de vérité. L’un qui dit oui et qui ne fait pas, l’autre qui refuse puis qui s’exécute. Le Christ est vraiment expert en humanité. Une humanité retors et difficile à comprendre. Pourquoi notre oui n’est pas un oui, et notre non un non ? Cette histoire vient percuter directement les auditeurs, les grands prêtres et les anciens. Ces personnes qui se disent, et parfois même se croient, justes. Spécialistes de la loi et de la tradition, ils savent quel est leur rôle et leur devoir. Mais quand Jésus leur dit que les publicains et les prostituées les précéderont dans le Royaume, toutes les valeurs communément admises sont renversées.
Comment se fait-il qu’ils aient la bonne réponse et qu’ils ne soient pas capables de se l’appliquer à eux-mêmes ?
Laissons là la petite histoire et regardons notre histoire et notre comportement.
Ce qui est mis en exergue par le Christ, c’est l’incohérence fondamentale qui nous menace. Nous savons. Nous sommes les fils du Père. Celui-là même qui nous dit d’aller travailler à la vigne, celui que nous appelons Père dans nos prières. Il nous demande d’œuvrer au Royaume. Et sincèrement nous le faisons.
Ou plutôt, nous faisons ce que nous avons toujours fait, et de la même manière. Notre engagement est sincère mais timide. Il est réel mais il ne doit pas être trop prenant. Nous avons bonne conscience de faire, d’obéir à la Parole, de ne rien refuser de ce qui nous est demandé, mais quand les publicains et les prostituées nous sont donnés en exemple, nous crions nous aussi au scandale. Le scandale est présent quand nous sommes incapables d’accueillir le Royaume parce que nous nous sommes fait un royaume à notre image, un royaume confortable où nos repères sont les seuls valables. Nous ne nous convertissons pas au Royaume, nous le distordons à notre convenance.
Si le Seigneur nous demande d’aller encore et toujours travailler à la vigne, c’est que nous devons nous laisser travailler par la vigne.
Nous laisser travailler par ceux que nous rencontrons, par ceux à qui nous proposons de devenir chrétien, par ceux qui viennent demander à l’Eglise un service et à qui nous proposons un parcours parfois parsemé d’obstacles.
Laissons la vigne nous façonner, le Royaume va se manifester.
Père Jorge JIMENEZ
Dimanche 24 septembre 2023 – 25° Dimanche Temps Ordinaire année A
Retrouvez la feuille hebdomadaire du 23 au 1 octobre 2023
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.
« Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers ».
Le Seigneur est injuste ! La parabole des ouvriers de la dernière heure le montre bien. Il aurait dû payer plus ceux qui ont travaillé plus. La revendication salariale est justifiée. Demain nous ne viendrons pas travailler.
Et c’est la grève, le pays est paralysé, les cortèges se forment dans les rues. Il n’est pas besoin de décrire la suite, nous ne la connaissons que trop bien.
Mais la logique du Seigneur dans cette parabole, et il s’agit bien d’une parabole et non d’un récit, la logique n’est pas celle du rapport entre ouvrier et patronat mais du rapport qu’il y a entre Dieu et les membres de son peuple.
Qui mérite le Royaume ?
Celui qui découvre la foi et qui met toute son énergie à l’annonce de la bonne nouvelle ou celui qui œuvre au royaume depuis toujours ?
Il ne faut pas répondre à cette question, car ce serait faire une discrimination entre les disciples du Christ que nous sommes. Les occasions sont nombreuses de critiquer la manière d’être et de faire des uns et des autres.
Il y a les chrétiens de souche, ceux qui depuis leur plus tendre enfance ont grandi dans l’église, que ce soit par l’école, les mouvements et la messe hebdomadaire. La foi est leur langue maternelle. Ils sont l’Eglise et ils font l’Eglise. Parfois critiqués par ces nouveaux convertis qui viennent d’être embrasé par le feu de l’Esprit, membre de communauté ou ayant vécu une conversion fulgurante. Tout feu tout flamme ils regardent les vieux Chrétiens et s’étonnent de leur manière d’annoncer et de vivre leur foi. Ils en sont comme au temps de fiançailles, tout est beau, tout est neuf, et il faut que tous reconnaissent leur nouvel amour; en s’étonnant que les vieux mariés ne vivent pas comme eux.
Qui aura les avantages de Dieu ? les uns ou les autres.
Nous sommes d’accord les deux.
Cette parabole doit nous aider à regarder avec le regard de Dieu ceux qui nous entourent. Nous pouvons bien sur nous lamenter de voir nos églises désertées par ceux qui se pressent aux rassemblements types JMJ ou autre mais l’un ne pourrait exister sans l’autre Il faut de la fidélité pour qu’un jour le cœur d’un homme soit touché, et il faut un peu de folie, et d’excentricité, pour se rappeler combien Dieu vient bouleverser nos vies.
Alors soyons heureux Dieu nous aime et il béni notre chemin. C’est lui qui vient à notre rencontre.
Jorge JIMENEZ
EDITO : Dimanche 25 juin – 12e dimanche du Temps Ordinaire – année A
Retrouvez la feuille hebdomadaire paroissiale
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10, 26-33

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. »
Il faut mettre fin aux messes basses, aux chuchotements, aux apartés, à tout ce qui se dit dans un secret convenu. À tout ce qui ne peut pas être proclamé à pleine voix. À toutes ces paroles qui risquent de révéler des pensées qui ne sont ni louables ni bienfaisantes.
L’Église fait, malheureusement, partie de ces sociétés où les messes basses sont légion, où certaines personnes se croyant mieux ou plus informées en profitent pour asséner leur vérité au prix de détruire la vérité, et parfois même des personnes. Je parle de l’Église, dont je fais partie, mais l’on pourrait en dire tout autant de bien d’autres corps constitués, dont certains membres essaient de tirer parti du moindre acquis ou savoir. Rien n’est caché qui ne sera connu. La sentence de ce jour est sanglante, mais il s’agit d’une réalité incontournable. Nous avons tous fait cette triste expérience d’être l’objet d’une médisance chuchotée, parole secrète entre deux personnes qui devient, sous le sceau du secret, un confidentiel grande diffusion. Inévitablement, ce secret arrive tôt ou tard aux oreilles de l’intéressé, et voilà qu’il apprend ce que certains pensent ou disent de lui, mais toujours dans le plus grand secret, avec de la bienveillance et sans vouloir faire de mal… La traînée de poudre arrive au baril et l’on s’étonne de le voir exploser. Le mal est irrémédiable et les conséquences terribles. Comment alors croire en la parole de l’autre et lui faire confiance ? Il y a bien le pardon mais, là aussi, il faut savoir le manier avec précaution. Pardonner n’est pas oublier.
Jésus lui-même a été l’objet de médisances, et d’un complot qui lui a coûté la vie. Un de ses proches a été mêlé de très près à cela, un certain Judas, si ma mémoire est bonne.
Que peut-on conclure de l’évangile de ce jour ?
- Que la vérité et l’honnêteté doivent faire partie de l’identité du chrétien.
- Que la tentation est grande de cultiver le secret, mais que, comme toute tentation, elle ne construit rien qui vaille.
- Que tout ce qui ne peut pas être dit en face de l’intéressé appartient au démon.
- Qu’il y a des anges du démon qui se donnent bonne figure et bonne conscience, mais qui font une œuvre perverse et destructrice.
- Que le Seigneur nous invite à unifier notre vie autour de sa Parole et que la Parole libère.
- Qu’il n’y a rien de plus beau que de se voir appliquer les paroles même du Christ : c’est « un homme puissant par ses paroles et par ses actes ».
Finalement, que cherchons-nous réellement : la gloire de Dieu ou la reconnaissance du monde ?
Père Jorge JIMENEZ
ÉDITORIAL – Dimanche 18 juin 2023 – 11e dimanche du Temps Ordinaire
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9, 36-38.10,1-8
Retrouvez la Feuille Paroissiale Hebdomadaire N°25
Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

« Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Nous voici de retour au temps ordinaire.
Le cierge pascal est rangé, il ne brûlera plus que pour les deux entrées dans la vie. Le baptême, en la vie en Christ, et les obsèques, la vie éternelle en Dieu.
Ces dernières semaines, nous avons été équipés par l’Eglise et nous recevons cette nourriture qu’est la communion, pour répondre à la mission que le Seigneur nous confie.
L’Evangile de ce jour nomme les douze apôtres. De Pierre à Judas, tous reçoivent la même mission, le cap est fixé et les modalités également. Nous pourrions traduire ce que le Christ donne comme consignes et tenter d’imaginer comment elles pourraient s’appliquer aujourd’hui.
N’allez pas vers les nations païennes ! Qu’en est-il de la mission « ad gentes » ? C’est à dire de la mission vers les pays étrangers, vers ceux qui n’ont pas entendu parler de la foi des apôtres ? Faut-il les ignorer, en se recentrant sur nous uniquement ? En 2023, croyons que le nom du Christ n’a pas été proclamé sur toute la surface de la terre. Le travail des missionnaires de l’Evangile a été remarquable. Le nom de Jésus est proclamé de partout. Mais nous pouvons également constater que des hommes, des femmes et des enfants proches de nous, ceux que nous côtoyons à l’école, au bureau ou sur la place du marché, ignorent totalement qui est le Christ et quelle est sa bonne nouvelle. La consigne de l’Evangile pourrait alors devenir : allez au plus près de chez vous, voyez combien sont nombreux ceux qui ignorent le Christ ou l’on délaissé. Allez vers eux, accueillez-les et prenez soin d’eux, comme des brebis perdues d’Israël. Allez leur annoncer la bonne nouvelle : ils sont aimés d’une manière infinie, ils ont du prix aux yeux de Dieu et Dieu veut leur bonheur.
Guérissez, ressuscitez, purifiez et expulsez les démons. Ces injonctions sont pour nous d’un autre temps et dépassent ce que nous croyons être nos capacités. Mais prises l’une après l’autre, nous pouvons aussi nous rendre compte que la force du Christ agit et que notre prière est aussi efficace.
Il n’y a rien de magique dans la foi chrétienne : le Christ nous confie nos frères pour que nous les présentions à Dieu. Il est peut-être aussi question de revisiter notre prière et nos intentions de prières. Sommes-nous capables de confier nominativement telle ou telle personne à Dieu, sans nous contenter d’un « nous te confions » anonyme ?
Autour de nous, nous avons des amis, des membres de nos familles, des paroissiens qui n’ont peut-être plus la force de se tourner vers Dieu. Il nous revient de le faire à leur place, nous pourrions être surpris de la réponse du Seigneur à nos prières.
Tout cela doit se faire dans un esprit de désintéressement et de générosité… Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ? La moisson est abondante, acceptons-nous d’être des ouvriers ?
Père Jorge JIMENEZ
ÉDITORIAL – Dimanche 11 juin 2023 – Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ
Retrouvez la Feuille Paroissiale Hebdomadaire N°24
Retrouvez l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6, 51-58
« En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement.«
Depuis la solennité de Pentecôte, l’Église nous donne, dimanche après dimanche, des éléments pour notre vie chrétienne. Après avoir médité sur la Trinité la semaine dernière, nous voici ce dimanche devant cet incontournable qu’est l’eucharistie. L’action de grâce pour le Corps et le Sang du Christ.
En revisitant ces trois derniers dimanches, nous voyons qu’une véritable cohérence se dégage de cette succession de fêtes. L’Église est née avec le don de l’Esprit Saint au matin de Pentecôte, l’Esprit Saint nous permet de reconnaître dans l’eucharistie la présence réelle et active de Jésus le Christ.
Ce même Esprit Saint est cet autre défenseur promis par le Fils et envoyé par le Père qui nous fait proclamer que nous n’avons qu’un seul Dieu en trois personnes, la Sainte Trinité. Ce dimanche, l’Église nous donne de reprendre des forces pour faire de nos vies un témoignage. Le Corps et le Sang du Christ, reçus en vraie nourriture, confiés à l’Église pour la nourrir et la fortifier en chacun de ses membres.
L’eucharistie est cette vraie nourriture pour notre vie spirituelle. Ce pain et ce vin, nous entraînent directement au Don du Christ, le jeudi saint. Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. La communion au Corps et au Sang du Christ est la promesse qui nous est faite de pouvoir accéder à la vie éternelle.
Je ne suis pas digne de te recevoir. Cette phrase est un aveu, l’Église reconnaît par chacun de ses membres, juste avant la communion, son indignité à recevoir un don si grand. Le Corps et le Sang du Christ comme nourriture pour la vie éternelle. Cet aveu est vérité. Par cette phrase, nous reconnaissons notre infirmité. L’aveu de notre péché au début de la messe nous fait crier vers le Christ et attendre son pardon. Sa réponse arrive avec le Notre Père, où il nous donne notre pain quotidien. Ce petit morceau de Christ, livré entre nos mains, contient toutes les promesses du Fils de Dieu. Nous ne sommes pas dignes de nous nourrir de la vie de Christ, mais c’est lui qui s’offre à nous. Venez, prenez, mangez, la table est prête pour ses amis. Le Christ nous dit ainsi qu’il est venu pour tous, y compris, et surtout, pour les malades et les pécheurs.
La solennité du Corpus Christi est cette invitation que le Christ nous fait de vivre de lui. Jésus est allé sur les chemins chercher les boiteux et les malades, que nous sommes aujourd’hui, pour les guérir et les nourrir de sa vie. Le Christ ne fait pas don de sa vie à des égoïstes, mais il fait l’offrande de son corps, pour témoigner de son amour pour tous et pour chacun.
Allons-nous refuser cette invitation ?
Père Jorge JIMENEZ