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Fête du 8 décembre 2022

Immaculée Conception

La messe du jeudi 8 décembre est à 19 heures à Lentilly

L’église de Dommartin sera ouverte le jeudi 8 décembre entre 16h et 21h.

Merci Marie - Ecole Sainte Anne de Feugarolles

L’amour obstiné de Dieu pour nous

Depuis le 1er péché, Dieu ne cesse de chercher l’homme : « Adam, où es-tu ? » Et l’homme, pourtant conscient de sa fragilité, ne cesse de se dérober. L’homme a pris conscience de sa fragilité : il est nu. Désormais en plus, il a perdu l’harmonie avec la création. Il accuse sa femme, qui accuse le serpent. Pourtant Dieu cherche l’homme, et n’arrête pas de le chercher.

Enfin, il se prépare une créature qui sera capable de l’écouter. Elle se trouve dans la même situation que Eve avant la chute. Elle exerce sa liberté, et elle dit « oui ». « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole ». Ici commence une nouvelle histoire, mais c’est encore en germe.

  • Contemplons Marie : humble, ce qui permet à Dieu de l’élever.
  • Courageuse, à travers son oui, qui transforme sa vie
  • Fidèle à Dieu, elle traverse toutes les épreuves en gardant toute sa confiance donnée dans son « oui ».

Elle devient ainsi tabernacle divin, celle qui contient celui qui contient tout, et préfiguration de ce que doit être l’Église – ce qu’elle est déjà dans le cœur de Dieu.

ÉDITORIAL – Dimanche 27 novembre 2022 – 1er dimanche de l’Avent – année A

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°48.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 24, 37-44

« Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ».

Voici venu le temps des rires et des chants… Pour ceux qui sont de ma génération, on entend dans ces quelques mots le générique d’une célèbre émission de Christophe Izard, le père de Casimir et de « l’Île aux enfants ».

Le temps est enfin venu de s’occuper de Noël. Les vitrines et les prospectus deviennent légitimes, il nous reste 4 semaines pour tout préparer. 4 semaines, c’est bien court et c’est très long. Pourquoi autant de temps ? Que nous réserve la liturgie comme surprises durant ce temps de l’Avent ?

Faire plaisir aux enfants, il n’y a rien de plus naturel… Nous savons tous le faire. Aux enfants sans doute, mais l’enfant qui est en nous, savons-nous toujours prendre soin de lui ? À la lecture des textes de ce premier dimanche, nous sommes déplacés. Il n’est ni question d’enfants, ni de joie, ni de cadeaux, ni de repas. Bien au contraire.

Le premier dimanche de l’avent nous met devant des choix radicaux. Il s’agit du retour du Fils de l’homme. Nous préparons la naissance de Jésus, et la liturgie nous demande de méditer sur son retour, sur la parousie, pour utiliser les mots de la théologie. Pour ce retour, il faut se tenir prêt, il y aura un clivage, une élection. Le temps va radicalement être nouveau, comme aux jours de Noé. Il y a de l’inattendu, de l’imprévu. 

Nous ne pouvons pas prévoir cette venue finale du Fils de l’homme et pourtant nous avons l’habitude de préparer sa venue. Nous sommes rompus à cet exercice à tel point que le jour de Noël nous cueille invariablement. Nous ne sommes pas prêts, et il y a urgence. Il faut tout préparer et nous n’avons plus le temps.

Notre expérience rejoint d’une manière très singulière l’évangile. Nous savons que les jours viennent, et nous nous laissons surprendre par notre habitude de remettre à demain ce qui aurait dû être fait hier. Bienheureuse procrastination qui est notre compagne habituelle.

Tenez-vous prêts ! L’évangile nous le répète, les 4 semaines du temps de l’Avent sont bien courtes pour préparer notre cœur à accueillir l’inouï de Dieu.

Le thème que nous avons choisi de décliner durant cet avent est « Prendre soin ». Commençons cette semaine par regarder, dans notre histoire récente, les moments où Dieu est venu nous surprendre, par sa parole, par ses clins-Dieu, et ce que cela a provoqué en nous, en cet enfant qui nous habite et qui doit toujours être prêt à s’émerveiller de rencontrer Dieu.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 27 novembre 2022 – 1er dimanche de l’Avent – année A

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 24, 37-44

« Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ».

Voici venu le temps des rires et des chants… Pour ceux qui sont de ma génération, on entend dans ces quelques mots le générique d’une célèbre émission de Christophe Izard, le père de Casimir et de « l’Île aux enfants ».

Le temps est enfin venu de s’occuper de Noël. Les vitrines et les prospectus deviennent légitimes, il nous reste 4 semaines pour tout préparer. 4 semaines, c’est bien court et c’est très long. Pourquoi autant de temps ? Que nous réserve la liturgie comme surprises durant ce temps de l’Avent ?

Faire plaisir aux enfants, il n’y a rien de plus naturel… Nous savons tous le faire. Aux enfants sans doute, mais l’enfant qui est en nous, savons-nous toujours prendre soin de lui ? À la lecture des textes de ce premier dimanche, nous sommes déplacés. Il n’est ni question d’enfants, ni de joie, ni de cadeaux, ni de repas. Bien au contraire.

Le premier dimanche de l’avent nous met devant des choix radicaux. Il s’agit du retour du Fils de l’homme. Nous préparons la naissance de Jésus, et la liturgie nous demande de méditer sur son retour, sur la parousie, pour utiliser les mots de la théologie. Pour ce retour, il faut se tenir prêt, il y aura un clivage, une élection. Le temps va radicalement être nouveau, comme aux jours de Noé. Il y a de l’inattendu, de l’imprévu. 

Nous ne pouvons pas prévoir cette venue finale du Fils de l’homme et pourtant nous avons l’habitude de préparer sa venue. Nous sommes rompus à cet exercice à tel point que le jour de Noël nous cueille invariablement. Nous ne sommes pas prêts, et il y a urgence. Il faut tout préparer et nous n’avons plus le temps.

Notre expérience rejoint d’une manière très singulière l’évangile. Nous savons que les jours viennent, et nous nous laissons surprendre par notre habitude de remettre à demain ce qui aurait dû être fait hier. Bienheureuse procrastination qui est notre compagne habituelle.

Tenez-vous prêts ! L’évangile nous le répète, les 4 semaines du temps de l’Avent sont bien courtes pour préparer notre cœur à accueillir l’inouï de Dieu.

Le thème que nous avons choisi de décliner durant cet avent est « Prendre soin ». Commençons cette semaine par regarder, dans notre histoire récente, les moments où Dieu est venu nous surprendre, par sa parole, par ses clins-Dieu, et ce que cela a provoqué en nous, en cet enfant qui nous habite et qui doit toujours être prêt à s’émerveiller de rencontrer Dieu.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 20 novembre 2022 – Dimanche 20 novembre 2022 – Christ Roi de l’univers

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°47.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 23, 35-43

Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Christ, roi de l’univers

La liturgie a quelque chose de très particulier, en ce dimanche : elle nous invite à fêter le Christ Roi en contemplant le Christ crucifié. Elle nous présente la croix comme le lieu de la victoire et de la puissance du Fils de Dieu.

Un cantique du vendredi saint proclame « Ô croix, où est ta victoire ? » Je ne sais pas s’il convient pour ce dimanche, tellement la thématique est autre que la crucifixion. Le Christ Roi vient conclure l’année liturgique et ouvrir les portes de l’avent. Il nous est proposé de regarder la croix, cette fois-ci non pas comme lieu de la souffrance inhumaine de Jésus – nous aurons le temps de le faire dans quelques mois – mais comme le lieu où s’exprime la majesté du Fils de l’homme.

Le titulus indique « Celui-ci est le roi des juifs ». Ici placée, cette indication est bien dérisoire et peu en rapport avec ce que nous imaginons être le trône d’un roi. Pourtant, c’est bien sur la croix que le Fils de l’homme est pleinement le maître de l’univers.

« Aujourd’hui avec moi tu seras dans le Paradis ». La promesse est là. Le salut est manifesté. Le malfaiteur proclame la puissance de Dieu en Jésus. Il vient de dire une parole de vérité, contrairement à tous ceux qui l’ont condamné. Jésus, lui, n’a rien fait, mais il peut tout faire. Qui, sinon le maître de l’univers a le pouvoir de nous promettre d’accéder au paradis ? Qui, sinon le Fils de Dieu, peut nous ouvrir à la vie éternelle ?

Mais, pour cela, il nous faut emprunter le même chemin que celui que la tradition nomme « le bon larron ».

  • Il accepte son histoire et les conséquences de ses actes.
  • Il reconnaît Jésus comme son maître et son sauveur.
  • Il le supplie de l’accueillir auprès de lui.

Cette démarche n’est-elle pas celle du vrai croyant ? En cette fin d’année liturgique, et avant d’entamer une nouvelle année, il serait bon pour chacun d’entre nous de faire le chemin que nous propose l’Evangile. Prendre le temps de relire son année, regarder les lieux de réussites et de joies mais aussi les lieux d’échecs, de manquements et de tristesse.

Tenter de nommer ce que cela a produit en nous et autour de nous. Tant pour nos bourreaux que pour nos victimes. Voir si nous avons pu plus ou moins réparer, ou pardonner. Pour finalement offrir le tout au Christ, en le suppliant de ne pas nous abandonner et d’être, comme il l’a promis, toujours à nos côtés.

En lui demandant de renouveler nos cœurs et de nous préparer à l’accueillir comme le don le plus précieux que Dieu nous fait dans l’enfant de la crèche.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 13 novembre 2022 – 33ème dimanche du Temps Ordinaire – année C

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°46.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21, 5-19 « C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés, même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21, 5-19

Le temple est détruit ! Tous ceux qui ont eu la chance de se rendre en terre sainte, et à Jérusalem en particulier, ont vu le mur de soutènement et l’esplanade des mosquées, là où trônait hier la présence de Dieu dans le saint des saints, au cœur du temple. Il ne reste rien !

La grandeur passée, les exvotos, les dorures et tout le faste rendu au Dieu de nos pères, au sauveur d’Israël, au Dieu des armées, néant. Imaginant ce qu’était ce qui n’est plus, on comprend l’enthousiasme des disciples devant ce spectacle, et leur déception après la parole de Jésus. Il ne restera pas pierre sur pierre.

Est-ce là un acte prémonitoire, dû à l’omniscience du Christ, ou une invitation à regarder au-delà de ce que nos sens perçoivent ? Quel est le véritable temple ? semble nous demander Jésus. En qui avez-vous mis votre foi, et non pas en quoi ?

Vient ensuite une litanie qui ferait frémir le plus téméraire d’entre nous. Mais rien de tout cela ne devra vous ébranler. De faux prophètes vont se lever et vous faire croire qu’ils ont la solution, à moins de se faire passer eux-mêmes pour la solution. Gourous, prédicateurs, bergers de groupes plus ou moins organisés, tout cela est apparu. Le loup qui se fait passer pour une brebis afin de mieux capter sa proie, l’actualité récente en révèle jour après jour. Des fins du monde annoncées, des guerres à nos portes, là aussi l’actualité rejoint la parole de Dieu.

Des tensions entre amis, en famille, des choix de vies qui nous opposent. Des raisons contraires et des invectives par milliers, chacun d’entre en nous connaît. Alors est-ce la fin des temps ? La prophétie de Jésus est-elle en train de se réaliser devant nous, sommes-nous des spectateurs de cette catastrophe annoncée ?

Quel est le véritable temple indestructible que nul ne pourra abattre ? Le Christ lui-même nous a donné la réponse. C’est en esprit et en vérité que vous adorerez Dieu, ce n’est ni sur la montagne, ni à Jérusalem. La rencontre avec la samaritaine est riche d’enseignements. Nous sommes le vrai temple et Dieu nous a choisis pour demeure.

Il faut sans cesse revenir à cette rencontre fondamentale qui nous fait fils de Dieu. Tout pourra disparaître et s’écrouler, nos valeurs, nos représentations, notre propre identité. Rien ne pourra nous arracher à l’amour de Dieu. Nous avons reçu une force qui fait de nous des témoins jusqu’aux extrémités de la terre.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 30 octobre 2022 – Année C – 31ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°44.

Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »

Saint Luc 19,10 : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu« .

 Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Parmi les personnages que nous affectionnons particulièrement dans le Nouveau Testament, il y en a un qui tient le haut du pavé : notre cher Zachée. La catéchèse de tout temps lui a fait une place en or, il est le pécheur qui se convertit, le modèle de la repentance et de la générosité. Si Zachée n’était pas là, il faudrait l’inventer !

Que de belles pages et d’homélies sont nées de cette rencontre. Il est petit, sans doute laid, rejeté de tous, voleur car collecteur d’impôts. En un mot, il n’est pas comme nous. Oui, mais lui veut voir Jésus. Elle est peut-être là, la différence. Il se met en danger et n’a pas peur du ridicule.

Qui oserait avec un tel statut social grimper sur un arbre pour simplement voir passer quelqu’un ?… Zachée le fait, et Jésus est comme happé par la présence singulière de cet homme. Une conversation hallucinante a lieu en cet instant. Jésus s’invite chez lui.

Un scandale pour les bien-pensants, pour tous ceux qui sont sûrs de leur bon droit et de leurs mérites, pour tous ceux qui n’ont jamais cassé une assiette de leur vie… Il va chez un pécheur. – Oui, le Seigneur s’invite chez Zachée, Jésus brave tous les interdits de la bienséance. On entend d’ailleurs le murmure des parfaits.

Zachée est bouleversé et sa déclaration devrait nous faire réfléchir. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? À quoi tenons-nous vraiment ? Zachée partage sa fortune avec les pauvres et s’il a fait du tort, il est prêt à rendre quatre fois plus. C’est une parole publique qui l’engage. Il est prêt à se dépouiller. Est-ce vraiment un voleur, il est bon de se poser la question et d’essayer de répondre sans faire intervenir nos préjugés. Le salut est arrivé pour cette maison. Il est, lui aussi, fils d’Abraham. Nous lui avions ôté sa dignité, Jésus le réhabilite mais, en même temps, il nous questionne. Si le salut est arrivé pour cette maison, est-il arrivé pour la nôtre ?

Sommes-nous prêts, comme Zachée, à nous mettre en difficulté, publiquement, pour le nom de Jésus ? Nous nous croyons bien-portants, le sommes-nous réellement ? Où se trouve notre péché ? Peut-être simplement, et avant tout, sur le regard que nous portons sur ceux qui nous entourent.

Le Christ n’a qu’un désir : s’inviter chez nous et nous ouvrir au salut. Mais pour cela, il nous faut nous convertir à l’accueil inconditionnel, et ouvrir notre cœur et nos mains.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 23 octobre 2022 – Année C 30ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°43.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18, 9-14 : « Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

La parabole de l’ascenseur. « Regarde comme je suis bien ». Le pharisien a raison d’être fier de lui-même, il fait tout ce qu’il doit faire. Il obéit parfaitement à la loi, il fait du zèle et pratique la dîme. Il connaît sa valeur et il se compare, « je ne suis pas comme ceux-là ! »

Un seul mot pour exprimer ce que l’on ressent face à ce modèle : bravo. Sa vie religieuse est un véritable exploit. Il arrive à être parfait à force de volonté. Mais laisse-t-il de la place à Dieu ? N’a-t-il pas fait de ses grandes capacités et de sa volonté son véritable dieu ?

Le publicain est un pécheur, il le sait. Il ne réclame rien, ne demande rien. Devant Dieu, il accepte ses faiblesses et compte sur la miséricorde de Dieu. Les deux sont au temple, les deux se présentent devant Dieu. Les deux prient, l’un regarde son reflet dans un miroir et l’autre n’arrive pas à lever les yeux vers le ciel.

Nous avons une affection assez naturelle pour le publicain. Sans trop vouloir nous l’avouer à nous-mêmes, nous nous retrouvons dans ce pécheur. Et nous condamnons le pharisien. Quels pharisiens nous sommes !

En faisant le choix du publicain, nous faisons en réalité un bien terrible choix. Nous avouons préférer à la rigueur et à l’effort, le péché et la facilité. Tous en faisant fi d’une vie droite et du devoir.

En fait non, et bien heureusement. Ce qui nous touche dans le publicain, ce n’est pas sa vie, mais son attitude devant Dieu. Il accepte de s’abandonner et attend qu’agisse pour lui la grâce agissante. Il demande le pardon. Il s’humilie et devant Dieu, il présente sa condition de pécheur. Il est lucide et humble.

C’est à cette attitude que Jésus, dans cette parabole, veut nous faire réfléchir. Les caractères sont bien évidemment poussés à l’extrême. Tout n’est pas parfait chez le pharisien, et la prière du publicain n’est sans doute pas aussi pure qu’elle nous est exposée. Jésus veut provoquer un choc chez ses auditeurs. Il s’adresse à ceux qui sont convaincus d’être justes et qui méprisent les autres.

Il s’adresse aussi à nous aujourd’hui.

Nous relevons des deux typologies, en étant parfois pharisiens, parfois publicains. Parfois fiers de ce que nous sommes et de ce que nous faisons, et parfois désespérés de notre incapacité à servir Dieu et nos frères comme il le faudrait.

Jésus Christ nous invite à une attitude fondamentale d’humilité. Il nous invite à reconnaître l’action de Dieu dans nos vies, et à rendre grâce pour tout le bien qu’il fait, y compris à travers nous, dans ce monde. Il nous invite également à ne jamais oublier que nous sommes ces pécheurs pardonnés qui puisent en lui le courage de l’action et la force de l’amour.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 16 octobre 2022 – Année C – 29ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°42.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,1-8

« Le Seigneur ajouta :  « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !

 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » »

« Tu n’as pas répondu à mon mail ! ». Il y a des injonctions qui sont de plus en plus insupportables. Le temps est banni. Que ce soit celui de la réflexion, comme celui du bon sens.

Le tout, tout de suite, prime. Mon appel, mon SMS, mon mail, mon … je ne sais quoi. Tous sont des ordres auxquels je ne dois pas me dérober. Il m’est interdit de prendre du temps, de réfléchir, de consulter. Je dois faire ce que l’autre exige et sans attendre.

Il en est de même pour la prière.

Dieu doit répondre immédiatement à nos demandes. Il y a urgence. Si Dieu ne répond pas, si Dieu ne fait pas ce que j’exige, si Dieu ne fait pas ma volonté, Il n’existe pas, Il n’est pas. Dieu n’étant pas et ayant toujours besoin de réponses, on se tourne vers des dieux faits de mains d’hommes, c’est le règne des idoles. Les idoles sont bien plus satisfaisantes car, pour le coup, elles sont à notre image et à notre ressemblance. Mais répondent-elles davantage ? Accepte-t-on mieux leur silence ?

Le juge est inique, il est à notre ressemblance. Pour rendre justice, il exige d’être satisfait. Une offrande, un cadeau, un service, accélèrent le jugement, mais pour cela, il faut avoir les moyens.

Le juge est inique et la veuve est pauvre. Jamais elle n’obtiendra réparation et pourtant, pour avoir la paix, le juge rend son jugement. L’insistance de la pauvre femme exaspère le juge, et celui-ci finit par agir.

« Il faut prier sans se décourager » … Cela nous donne une image bien particulière de Dieu. Nous ne pouvons assimiler Dieu au juge. La vérité est ailleurs.

La veuve sait qu’elle trouvera justice auprès du juge. La veuve sait que lui seul a la réponse, et elle insiste. Nous savons que Dieu a la réponse à nos prières. Mais nous n’avons pas le temps. Dieu a pour lui l’éternité et nous oublions que nous avons déjà toutes les réponses. « Qu’as-tu que je ne t’ai donné ? »

Les réponses sont dans la Parole de Dieu, Dieu a parlé, il ne cesse de parler et de répondre. Mais humains, égoïstes et exigeants que nous sommes, nous voulons avoir notre réponse d’une manière individuelle, personnelle et immédiate. Les réponses sont déjà toutes là, elles nous ont été données de manière communautaire et par anticipation.

La Parole de Dieu est la source véritable des réponses à nos questions fondamentales. Il nous faut chercher le vrai sens de la vie, où est le bonheur parfait et non les simples réponses à nos désirs et à nos envies : pour cela, allez voir des idoles…

Ces questions fondamentales demandent du temps et de la persévérance, tant pour les formuler que pour accueillir la réponse. Comme la veuve qui sait où elle trouvera la justice, nous savons où trouver nos réponses. Comme le juge qui se laisse déplacer, Dieu nous a déjà équipés.

À nous de ne pas nous décourager. La foi est notre vrai bien.  

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 9 octobre 2022 – Année C – 28ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°41.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17, 11-19


L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »


La reconnaissance.
Un mot qui a quasiment disparu de notre vocabulaire.
Nous ne le retenons plus que pour un motif financier, la reconnaissance de dette.
Ici, il s’applique à autre chose qu’une dette financière, il s’applique à une dette d’existence. Nous avons tous une dette vis-à-vis de Dieu.
L’évangile de ce jour est assez clair sur cette forme de dette.
Dix lépreux crient, dix lépreux sont guéris, mais un seul vient se prosterner devant Jésus.
Dix, nous le savons en langage biblique, n’est pas une quantité exacte. Dix veut dire qu’il y en a beaucoup et que pour beaucoup la puissance du Dieu unique va se manifester.
Nous sommes dans le rapport de l’unique et de la multitude, de Dieu et de l’humanité.
Ils sont lépreux, ils sont exclus, ils sont pécheurs. Dans le contexte de l’époque, la lèpre est la manifestation de la sanction de Dieu.
Jésus les guérit, il les réhabilite et les envoie aux prêtres afin que ceux-ci les réintègrent dans la société. Les dix lépreux vont reprendre leur place, la vie pour eux va reprendre son cours, comme avant, avant la lèpre.
Un seul, un Samaritain, un étranger exclu de la synagogue vient rendre grâce en glorifiant Dieu. Il a compris au fond de son âme que Jésus est la source des bénédictions. Il n’est pas guéri, il se découvre sauvé.
Sa foi l’a sauvé. Son retour au Christ manifeste son mouvement intérieur. En apparence, il désobéit à la parole de Jésus, en réalité, il est le seul à reconnaître Jésus.
Sa reconnaissance est réelle, il reconnaît en Jésus l’action du Dieu unique qui a créé l’humanité et qui la recrée en la libérant du péché.
Le Samaritain pécheur, doublement exclu, est le seul qui reconnaît la puissance de Dieu en Jésus Christ.
Au quotidien, reconnaissons-nous la puissance du Christ agissant dans notre vie ou nous contentons-nous de « faire ce qu’il faut » ?
La vie liturgique est une bonne chose, elle est dans le « allez vous montrer aux prêtres », mais reconnaître l’action intime du Christ qui sans cesse nous re-crée est le mouvement de la foi.
« Ta foi t’a sauvé ». Vivons en sauvés et sans cesse rendons grâce à Dieu par Jésus Christ pour le salut qu’il nous offre.
Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 2 octobre 2022 – Année C – 27ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°40.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17, 5-10 : En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »

Nous avons là deux paraboles qui, à première vue, n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Tout se passe comme si nous étions devant une compilation des paroles de Jésus, que le rédacteur saint Luc a mises à la suite les unes des autres. N’oublions pas que la Bible est un livre inspiré et non un simple livre d’histoire. Que pouvons nous alors comprendre de la juxtaposition de ces deux paraboles ?

La question de départ est « Augmente en nous la foi ! »

La première parabole s’attaque directement au sujet et Jésus nous dit finalement et sans ambages : « Vous n’avez pas la foi ! ». Jésus est sévère. Cette sentence vient nous percuter. Nous faisons tout ce qu’il faut, et nous constatons que nos efforts ne sont pas récompensés du bien suprême : la foi. Jésus vient nous saisir dans nos pensées les plus intimes. Vous croyez faire tout ce qu’il faut pour avoir la foi, mais le faites-vous vraiment ?

Vient alors la deuxième parabole, celle du serviteur. Ce dernier fait tout ce qu’il faut. Il travaille dur, et il semble qu’il n’y a pas de temps d’arrêt, de pause, au service qu’il doit rendre. Les ordres s’enchaînent et lui obéit. Obéir est son état. Il n’est responsable de rien. Le maître lui indique ce qu’il doit faire, et sans cesse il s’exécute. C’est de cette écoute que le serviteur tire sa dignité et sa grandeur.

Augmente en nous la foi ! Écoute la parole du Seigneur !

C’est dans cette dynamique que la foi en nous augmente. Nous avons à être sans cesse, et davantage, à l’écoute. Cela suppose une grande humilité de notre part et une plus grande disponibilité encore.

La vie chrétienne est une vie de service aux projets du Seigneur, notre seul et unique maître. Il est le maître de nos vies, il conduit le monde et son Église.

N’avons-nous pas tendance parfois à ne pas être à notre place – celle du serviteur -, et à vouloir prendre la place du maître à la table ?

Nous sommes certes des serviteurs « inutiles » ou « quelconques », comme le disent d’autres traductions. Mais nous sommes surtout des serviteurs indispensables à la réalisation du projet de Dieu.

Peut-être devrions-nous demander à Dieu d’augmenter en nous le sens de l’écoute et de la prière, ce qui fera sans nul doute grandir en nous la foi.

Jorge JIMENEZ

Si vous aviez de la foi gros comme une graine de moutarde…

ÉDITORIAL – Dimanche 25 septembre 2022 – Année C – 26 ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations dans la feuille hebdomadaire N°39.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,19-31. 

Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

              Une nouvelle fois le Seigneur nous donne un enseignement sur la cohérence de notre vie. 

              Jésus met en parallèle un riche et un pauvre, un repu et un démuni. L’un qui est reconnu et entouré, l’autre que seuls les chiens viennent visiter. 

              Vous remarquerez qu’il n’y a pas d’allusion à la moralité des deux personnages. Nous ne savons pas si le riche vit dans la débauche, et le pauvre dans la sainteté. Nous avons vite fait de donner une valeur morale à cet évangile. Cependant, il ne s’agit pas ici de valeur morale mais de cohérence de vie. 

              L’un jouit de la vie de son vivant. Il n’a cure de ceux qui sont dans le besoin. L’autre est réduit à l’état d’un animal, les ulcères sur sa peau laissent à penser qu’il est pécheur.  La maladie et le péché sont intimement lié dans leur mentalité. 

              Il est bien portant, c’est un juste ; il est malade, c’est un pécheur. 

              Mais la mort ne fait pas de différence : elle vint les saisir tous les deux. Comme d’ailleurs elle viendra nous surprendre également. 

Les voilà tous deux dans la vie éternelle, l’un dans la fournaise et l’autre dans la béatitude. 

Le riche n’essaie pas de s’extraire de la fournaise, il accepte le jugement et ne veut qu’être rafraîchi par Lazare. 

              Il voudrait avertir les siens de la peine qu’ils peuvent subir, mais non. 

              Ils sont tous deux équipés de la Parole de Dieu depuis la nuit des temps, pour choisir et vivre ce qui est juste et ce qui est bon. 

              L’enseignement du Christ dans cette parabole est terrible. Nous avons tous, dans un coin de notre tête, l’expression « Le bon Dieu » … Et donc, s’il est bon, il ne peut pas nous infliger une peine éternelle !  Vous avez raison, mais ce n’est pas lui qui nous inflige une peine, mais nous qui agissons de telle sorte qu’elle advient. L’une n’est que la conséquence de l’autre.      

         Il y a donc bien une valeur morale à cette parabole et elle pourrait être la suivante : depuis toujours le Christ nous invite à être justes, généreux et attentifs à nos frères alors qu’attendons nous ? Il y va de notre salut.

Jorge JIMENEZ

Diocèse de Lyon

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  • Évangile : « Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place au festin du royaume des Cieux » (Mt 8, 5-11)

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