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ÉDITORIAL – Dimanche 13 novembre 2022 – 33ème dimanche du Temps Ordinaire – année C

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°46.

Ecouter l’homélie du Père Jorge JIMENEZ

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21, 5-19 « C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés, même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21, 5-19

Le temple est détruit ! Tous ceux qui ont eu la chance de se rendre en terre sainte, et à Jérusalem en particulier, ont vu le mur de soutènement et l’esplanade des mosquées, là où trônait hier la présence de Dieu dans le saint des saints, au cœur du temple. Il ne reste rien !

La grandeur passée, les exvotos, les dorures et tout le faste rendu au Dieu de nos pères, au sauveur d’Israël, au Dieu des armées, néant. Imaginant ce qu’était ce qui n’est plus, on comprend l’enthousiasme des disciples devant ce spectacle, et leur déception après la parole de Jésus. Il ne restera pas pierre sur pierre.

Est-ce là un acte prémonitoire, dû à l’omniscience du Christ, ou une invitation à regarder au-delà de ce que nos sens perçoivent ? Quel est le véritable temple ? semble nous demander Jésus. En qui avez-vous mis votre foi, et non pas en quoi ?

Vient ensuite une litanie qui ferait frémir le plus téméraire d’entre nous. Mais rien de tout cela ne devra vous ébranler. De faux prophètes vont se lever et vous faire croire qu’ils ont la solution, à moins de se faire passer eux-mêmes pour la solution. Gourous, prédicateurs, bergers de groupes plus ou moins organisés, tout cela est apparu. Le loup qui se fait passer pour une brebis afin de mieux capter sa proie, l’actualité récente en révèle jour après jour. Des fins du monde annoncées, des guerres à nos portes, là aussi l’actualité rejoint la parole de Dieu.

Des tensions entre amis, en famille, des choix de vies qui nous opposent. Des raisons contraires et des invectives par milliers, chacun d’entre en nous connaît. Alors est-ce la fin des temps ? La prophétie de Jésus est-elle en train de se réaliser devant nous, sommes-nous des spectateurs de cette catastrophe annoncée ?

Quel est le véritable temple indestructible que nul ne pourra abattre ? Le Christ lui-même nous a donné la réponse. C’est en esprit et en vérité que vous adorerez Dieu, ce n’est ni sur la montagne, ni à Jérusalem. La rencontre avec la samaritaine est riche d’enseignements. Nous sommes le vrai temple et Dieu nous a choisis pour demeure.

Il faut sans cesse revenir à cette rencontre fondamentale qui nous fait fils de Dieu. Tout pourra disparaître et s’écrouler, nos valeurs, nos représentations, notre propre identité. Rien ne pourra nous arracher à l’amour de Dieu. Nous avons reçu une force qui fait de nous des témoins jusqu’aux extrémités de la terre.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 30 octobre 2022 – Année C – 31ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°44.

Ecouter l’homélie du Père Jorge JIMENEZ

Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »

Saint Luc 19,10 : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu« .

 Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Parmi les personnages que nous affectionnons particulièrement dans le Nouveau Testament, il y en a un qui tient le haut du pavé : notre cher Zachée. La catéchèse de tout temps lui a fait une place en or, il est le pécheur qui se convertit, le modèle de la repentance et de la générosité. Si Zachée n’était pas là, il faudrait l’inventer !

Que de belles pages et d’homélies sont nées de cette rencontre. Il est petit, sans doute laid, rejeté de tous, voleur car collecteur d’impôts. En un mot, il n’est pas comme nous. Oui, mais lui veut voir Jésus. Elle est peut-être là, la différence. Il se met en danger et n’a pas peur du ridicule.

Qui oserait avec un tel statut social grimper sur un arbre pour simplement voir passer quelqu’un ?… Zachée le fait, et Jésus est comme happé par la présence singulière de cet homme. Une conversation hallucinante a lieu en cet instant. Jésus s’invite chez lui.

Un scandale pour les bien-pensants, pour tous ceux qui sont sûrs de leur bon droit et de leurs mérites, pour tous ceux qui n’ont jamais cassé une assiette de leur vie… Il va chez un pécheur. – Oui, le Seigneur s’invite chez Zachée, Jésus brave tous les interdits de la bienséance. On entend d’ailleurs le murmure des parfaits.

Zachée est bouleversé et sa déclaration devrait nous faire réfléchir. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? À quoi tenons-nous vraiment ? Zachée partage sa fortune avec les pauvres et s’il a fait du tort, il est prêt à rendre quatre fois plus. C’est une parole publique qui l’engage. Il est prêt à se dépouiller. Est-ce vraiment un voleur, il est bon de se poser la question et d’essayer de répondre sans faire intervenir nos préjugés. Le salut est arrivé pour cette maison. Il est, lui aussi, fils d’Abraham. Nous lui avions ôté sa dignité, Jésus le réhabilite mais, en même temps, il nous questionne. Si le salut est arrivé pour cette maison, est-il arrivé pour la nôtre ?

Sommes-nous prêts, comme Zachée, à nous mettre en difficulté, publiquement, pour le nom de Jésus ? Nous nous croyons bien-portants, le sommes-nous réellement ? Où se trouve notre péché ? Peut-être simplement, et avant tout, sur le regard que nous portons sur ceux qui nous entourent.

Le Christ n’a qu’un désir : s’inviter chez nous et nous ouvrir au salut. Mais pour cela, il nous faut nous convertir à l’accueil inconditionnel, et ouvrir notre cœur et nos mains.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 23 octobre 2022 – Année C 30ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°43.

Ecouter l’homélie du Père Jorge JIMENEZ.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18, 9-14 : « Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

La parabole de l’ascenseur. « Regarde comme je suis bien ». Le pharisien a raison d’être fier de lui-même, il fait tout ce qu’il doit faire. Il obéit parfaitement à la loi, il fait du zèle et pratique la dîme. Il connaît sa valeur et il se compare, « je ne suis pas comme ceux-là ! »

Un seul mot pour exprimer ce que l’on ressent face à ce modèle : bravo. Sa vie religieuse est un véritable exploit. Il arrive à être parfait à force de volonté. Mais laisse-t-il de la place à Dieu ? N’a-t-il pas fait de ses grandes capacités et de sa volonté son véritable dieu ?

Le publicain est un pécheur, il le sait. Il ne réclame rien, ne demande rien. Devant Dieu, il accepte ses faiblesses et compte sur la miséricorde de Dieu. Les deux sont au temple, les deux se présentent devant Dieu. Les deux prient, l’un regarde son reflet dans un miroir et l’autre n’arrive pas à lever les yeux vers le ciel.

Nous avons une affection assez naturelle pour le publicain. Sans trop vouloir nous l’avouer à nous-mêmes, nous nous retrouvons dans ce pécheur. Et nous condamnons le pharisien. Quels pharisiens nous sommes !

En faisant le choix du publicain, nous faisons en réalité un bien terrible choix. Nous avouons préférer à la rigueur et à l’effort, le péché et la facilité. Tous en faisant fi d’une vie droite et du devoir.

En fait non, et bien heureusement. Ce qui nous touche dans le publicain, ce n’est pas sa vie, mais son attitude devant Dieu. Il accepte de s’abandonner et attend qu’agisse pour lui la grâce agissante. Il demande le pardon. Il s’humilie et devant Dieu, il présente sa condition de pécheur. Il est lucide et humble.

C’est à cette attitude que Jésus, dans cette parabole, veut nous faire réfléchir. Les caractères sont bien évidemment poussés à l’extrême. Tout n’est pas parfait chez le pharisien, et la prière du publicain n’est sans doute pas aussi pure qu’elle nous est exposée. Jésus veut provoquer un choc chez ses auditeurs. Il s’adresse à ceux qui sont convaincus d’être justes et qui méprisent les autres.

Il s’adresse aussi à nous aujourd’hui.

Nous relevons des deux typologies, en étant parfois pharisiens, parfois publicains. Parfois fiers de ce que nous sommes et de ce que nous faisons, et parfois désespérés de notre incapacité à servir Dieu et nos frères comme il le faudrait.

Jésus Christ nous invite à une attitude fondamentale d’humilité. Il nous invite à reconnaître l’action de Dieu dans nos vies, et à rendre grâce pour tout le bien qu’il fait, y compris à travers nous, dans ce monde. Il nous invite également à ne jamais oublier que nous sommes ces pécheurs pardonnés qui puisent en lui le courage de l’action et la force de l’amour.

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 16 octobre 2022 – Année C – 29ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°42.

Ecouter l’homélie du Père Jorge JIMENEZ.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,1-8

« Le Seigneur ajouta :  « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !

 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » »

« Tu n’as pas répondu à mon mail ! ». Il y a des injonctions qui sont de plus en plus insupportables. Le temps est banni. Que ce soit celui de la réflexion, comme celui du bon sens.

Le tout, tout de suite, prime. Mon appel, mon SMS, mon mail, mon … je ne sais quoi. Tous sont des ordres auxquels je ne dois pas me dérober. Il m’est interdit de prendre du temps, de réfléchir, de consulter. Je dois faire ce que l’autre exige et sans attendre.

Il en est de même pour la prière.

Dieu doit répondre immédiatement à nos demandes. Il y a urgence. Si Dieu ne répond pas, si Dieu ne fait pas ce que j’exige, si Dieu ne fait pas ma volonté, Il n’existe pas, Il n’est pas. Dieu n’étant pas et ayant toujours besoin de réponses, on se tourne vers des dieux faits de mains d’hommes, c’est le règne des idoles. Les idoles sont bien plus satisfaisantes car, pour le coup, elles sont à notre image et à notre ressemblance. Mais répondent-elles davantage ? Accepte-t-on mieux leur silence ?

Le juge est inique, il est à notre ressemblance. Pour rendre justice, il exige d’être satisfait. Une offrande, un cadeau, un service, accélèrent le jugement, mais pour cela, il faut avoir les moyens.

Le juge est inique et la veuve est pauvre. Jamais elle n’obtiendra réparation et pourtant, pour avoir la paix, le juge rend son jugement. L’insistance de la pauvre femme exaspère le juge, et celui-ci finit par agir.

« Il faut prier sans se décourager » … Cela nous donne une image bien particulière de Dieu. Nous ne pouvons assimiler Dieu au juge. La vérité est ailleurs.

La veuve sait qu’elle trouvera justice auprès du juge. La veuve sait que lui seul a la réponse, et elle insiste. Nous savons que Dieu a la réponse à nos prières. Mais nous n’avons pas le temps. Dieu a pour lui l’éternité et nous oublions que nous avons déjà toutes les réponses. « Qu’as-tu que je ne t’ai donné ? »

Les réponses sont dans la Parole de Dieu, Dieu a parlé, il ne cesse de parler et de répondre. Mais humains, égoïstes et exigeants que nous sommes, nous voulons avoir notre réponse d’une manière individuelle, personnelle et immédiate. Les réponses sont déjà toutes là, elles nous ont été données de manière communautaire et par anticipation.

La Parole de Dieu est la source véritable des réponses à nos questions fondamentales. Il nous faut chercher le vrai sens de la vie, où est le bonheur parfait et non les simples réponses à nos désirs et à nos envies : pour cela, allez voir des idoles…

Ces questions fondamentales demandent du temps et de la persévérance, tant pour les formuler que pour accueillir la réponse. Comme la veuve qui sait où elle trouvera la justice, nous savons où trouver nos réponses. Comme le juge qui se laisse déplacer, Dieu nous a déjà équipés.

À nous de ne pas nous décourager. La foi est notre vrai bien.  

Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 9 octobre 2022 – Année C – 28ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°41.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17, 11-19


L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »


La reconnaissance.
Un mot qui a quasiment disparu de notre vocabulaire.
Nous ne le retenons plus que pour un motif financier, la reconnaissance de dette.
Ici, il s’applique à autre chose qu’une dette financière, il s’applique à une dette d’existence. Nous avons tous une dette vis-à-vis de Dieu.
L’évangile de ce jour est assez clair sur cette forme de dette.
Dix lépreux crient, dix lépreux sont guéris, mais un seul vient se prosterner devant Jésus.
Dix, nous le savons en langage biblique, n’est pas une quantité exacte. Dix veut dire qu’il y en a beaucoup et que pour beaucoup la puissance du Dieu unique va se manifester.
Nous sommes dans le rapport de l’unique et de la multitude, de Dieu et de l’humanité.
Ils sont lépreux, ils sont exclus, ils sont pécheurs. Dans le contexte de l’époque, la lèpre est la manifestation de la sanction de Dieu.
Jésus les guérit, il les réhabilite et les envoie aux prêtres afin que ceux-ci les réintègrent dans la société. Les dix lépreux vont reprendre leur place, la vie pour eux va reprendre son cours, comme avant, avant la lèpre.
Un seul, un Samaritain, un étranger exclu de la synagogue vient rendre grâce en glorifiant Dieu. Il a compris au fond de son âme que Jésus est la source des bénédictions. Il n’est pas guéri, il se découvre sauvé.
Sa foi l’a sauvé. Son retour au Christ manifeste son mouvement intérieur. En apparence, il désobéit à la parole de Jésus, en réalité, il est le seul à reconnaître Jésus.
Sa reconnaissance est réelle, il reconnaît en Jésus l’action du Dieu unique qui a créé l’humanité et qui la recrée en la libérant du péché.
Le Samaritain pécheur, doublement exclu, est le seul qui reconnaît la puissance de Dieu en Jésus Christ.
Au quotidien, reconnaissons-nous la puissance du Christ agissant dans notre vie ou nous contentons-nous de « faire ce qu’il faut » ?
La vie liturgique est une bonne chose, elle est dans le « allez vous montrer aux prêtres », mais reconnaître l’action intime du Christ qui sans cesse nous re-crée est le mouvement de la foi.
« Ta foi t’a sauvé ». Vivons en sauvés et sans cesse rendons grâce à Dieu par Jésus Christ pour le salut qu’il nous offre.
Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL – Dimanche 2 octobre 2022 – Année C – 27ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations paroissiales dans la feuille hebdomadaire N°40.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17, 5-10 : En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »

Nous avons là deux paraboles qui, à première vue, n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Tout se passe comme si nous étions devant une compilation des paroles de Jésus, que le rédacteur saint Luc a mises à la suite les unes des autres. N’oublions pas que la Bible est un livre inspiré et non un simple livre d’histoire. Que pouvons nous alors comprendre de la juxtaposition de ces deux paraboles ?

La question de départ est « Augmente en nous la foi ! »

La première parabole s’attaque directement au sujet et Jésus nous dit finalement et sans ambages : « Vous n’avez pas la foi ! ». Jésus est sévère. Cette sentence vient nous percuter. Nous faisons tout ce qu’il faut, et nous constatons que nos efforts ne sont pas récompensés du bien suprême : la foi. Jésus vient nous saisir dans nos pensées les plus intimes. Vous croyez faire tout ce qu’il faut pour avoir la foi, mais le faites-vous vraiment ?

Vient alors la deuxième parabole, celle du serviteur. Ce dernier fait tout ce qu’il faut. Il travaille dur, et il semble qu’il n’y a pas de temps d’arrêt, de pause, au service qu’il doit rendre. Les ordres s’enchaînent et lui obéit. Obéir est son état. Il n’est responsable de rien. Le maître lui indique ce qu’il doit faire, et sans cesse il s’exécute. C’est de cette écoute que le serviteur tire sa dignité et sa grandeur.

Augmente en nous la foi ! Écoute la parole du Seigneur !

C’est dans cette dynamique que la foi en nous augmente. Nous avons à être sans cesse, et davantage, à l’écoute. Cela suppose une grande humilité de notre part et une plus grande disponibilité encore.

La vie chrétienne est une vie de service aux projets du Seigneur, notre seul et unique maître. Il est le maître de nos vies, il conduit le monde et son Église.

N’avons-nous pas tendance parfois à ne pas être à notre place – celle du serviteur -, et à vouloir prendre la place du maître à la table ?

Nous sommes certes des serviteurs « inutiles » ou « quelconques », comme le disent d’autres traductions. Mais nous sommes surtout des serviteurs indispensables à la réalisation du projet de Dieu.

Peut-être devrions-nous demander à Dieu d’augmenter en nous le sens de l’écoute et de la prière, ce qui fera sans nul doute grandir en nous la foi.

Jorge JIMENEZ

Si vous aviez de la foi gros comme une graine de moutarde…

ÉDITORIAL – Dimanche 25 septembre 2022 – Année C – 26 ème dimanche du Temps Ordinaire

Retrouvez toutes les informations dans la feuille hebdomadaire N°39.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,19-31. 

Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

              Une nouvelle fois le Seigneur nous donne un enseignement sur la cohérence de notre vie. 

              Jésus met en parallèle un riche et un pauvre, un repu et un démuni. L’un qui est reconnu et entouré, l’autre que seuls les chiens viennent visiter. 

              Vous remarquerez qu’il n’y a pas d’allusion à la moralité des deux personnages. Nous ne savons pas si le riche vit dans la débauche, et le pauvre dans la sainteté. Nous avons vite fait de donner une valeur morale à cet évangile. Cependant, il ne s’agit pas ici de valeur morale mais de cohérence de vie. 

              L’un jouit de la vie de son vivant. Il n’a cure de ceux qui sont dans le besoin. L’autre est réduit à l’état d’un animal, les ulcères sur sa peau laissent à penser qu’il est pécheur.  La maladie et le péché sont intimement lié dans leur mentalité. 

              Il est bien portant, c’est un juste ; il est malade, c’est un pécheur. 

              Mais la mort ne fait pas de différence : elle vint les saisir tous les deux. Comme d’ailleurs elle viendra nous surprendre également. 

Les voilà tous deux dans la vie éternelle, l’un dans la fournaise et l’autre dans la béatitude. 

Le riche n’essaie pas de s’extraire de la fournaise, il accepte le jugement et ne veut qu’être rafraîchi par Lazare. 

              Il voudrait avertir les siens de la peine qu’ils peuvent subir, mais non. 

              Ils sont tous deux équipés de la Parole de Dieu depuis la nuit des temps, pour choisir et vivre ce qui est juste et ce qui est bon. 

              L’enseignement du Christ dans cette parabole est terrible. Nous avons tous, dans un coin de notre tête, l’expression « Le bon Dieu » … Et donc, s’il est bon, il ne peut pas nous infliger une peine éternelle !  Vous avez raison, mais ce n’est pas lui qui nous inflige une peine, mais nous qui agissons de telle sorte qu’elle advient. L’une n’est que la conséquence de l’autre.      

         Il y a donc bien une valeur morale à cette parabole et elle pourrait être la suivante : depuis toujours le Christ nous invite à être justes, généreux et attentifs à nos frères alors qu’attendons nous ? Il y va de notre salut.

Jorge JIMENEZ

Homélie de la messe de l’épiphanie 2018

Épiphanie

 

Gasaprd, Melchior et Balthazar

 Les mages sont très populaires, mais qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? La seule chose que nous dit l’évangile de Matthieu :

«  Voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem. »

Donc des étrangers par rapport au peuple Juif. Le folklore a ensuite trouvé des réponses, entre autres, ce sont des rois venus de Perse et ils étaient trois de différentes couleurs pour représenter les 3 continents connus alors. Ne méprisons pas ce folklore, il a voulu exprimer essentiellement que Jésus n’est pas venu uniquement pour Israël mais bien pour toutes les nations.

Les mages sont des chercheurs de Dieu qui nous disent que partout dans le monde il y a des chercheurs de vérité. Depuis toujours les hommes se sont posés des questions : quel sens donner à la vie des hommes et à la vie du monde? Quelle est notre destinée? Elle ne peut se résumer à ce que l’on vit chaque jour. Les biens matériels ne peuvent combler toutes nos aspirations.

(suite…)

Homélie de la messe de la nuit de Noël 2017

Joie de Noël

La joie est dans les cœurs pour cette fête. Toujours, les enfants sont excités, ravis de toutes ces fêtes, des cadeaux. Les adultes exultent aussi, retrouvent la joie de leur enfance. L’imaginaire joue un rôle aussi dans cette effervescence.

Nous sommes dans la joie car, quel que soit notre rapport à la foi, à l’église, et même à la société et à ses modèles, un enfant nous est donné comme signe de l’amour de Dieu. Le règne de Dieu se manifeste dans la fragilité. Un enfant ne peut faire peur à personne.

Cet enfant vient au monde dans des conditions particulières. Le récit que nous en donne Luc ouvre au sens de cette naissance. Cet enfant nait sur la route, au hasard des déplacements provoqués par les décisions des puissants. Cela nous renvoie aux déplacés de toute sorte qui ne trouvent pas place chez nous. C’est Noël lorsque les paroissiens s’organisent pour permettre à des personnes déplacées de trouver place au milieu de nous. Nous découvrons dès sa naissance que Jésus vient renverser les valeurs de notre monde. Cet homme insignifiant et sans pouvoir se révèle comme le vraiment puissant, celui dont tout dépend. Donc devenir chrétien consiste à sortir de ce que tous pensent et veulent, pour considérer le monde sous le regard bienveillant de Dieu.

Cet enfant nous est annoncé dans la première lecture comme un enfant qui porte sur son épaule « l’insigne du pouvoir ». Cet enfant naît dans une mangeoire, il est aussi enveloppé de langes. Tout cela nous oriente vers Pâques, vraie lumière pour tous les peuples. L’insigne du pouvoir que Jésus porte sur son épaule : c’est la croix qu’il portera pour apporter le salut au monde dans sa passion, la croix est aussi la clef du Royaume donnée aux hommes. Les langes sont ceux de l’ensevelissement de Jésus. La mangeoire est le lieu qui fait de cet enfant la nourriture donnée aux disciples, et à tous les hommes, pour vivre de la vie même de Dieu.

Cet enfant, l’Église le met sans cesse au monde. Elle le remet sans cesse aux hommes, dans la célébration de la messe, de l’Eucharistie.

À Marcy, où la crèche se trouve à l’extérieur de l’église, nous mettons l’enfant Jésus devant l’autel pendant la célébration. Nous le remettons dehors à la fin de la célébration. En cela nous sommes deux fois prophètes. Nous disons clairement au monde que nous participons de son péché, qui consiste à mettre le pauvre à l’écart de nos assemblées, alors même que le pauvre, c’est le Christ. Nous le remettons aussi au monde, nous le donnons à nos frères. Il ne nous appartient pas, il est pour le monde. D’ailleurs nous voyons bien combien la figure de l’enfant Jésus envahi le monde – bien au de-là de nos célébrations. Cela aussi est une grande joie. Avec le monde, dans le monde, nous faisons jaillir cette nuit notre joie.

Homélie 4ème dimanche de l’Avent année B – 24 décembre 2017

Noël est vraiment tout proche

En ce 4e dimanche de l’avent,  Noël est vraiment tout proche cette année. En fait cependant, Dieu est toujours proche de nous.  Il n’est pas loin de nous. Il n’est pas  inconnu, énigmatique, voire dangereux. Dieu est proche de nous, si proche qu’il se fait enfant. Il vient, en Jésus, partager notre humanité. Au cœur du christianisme, il y a Jésus, fils de Dieu, né de Marie et de l’Esprit. Cette naissance est annoncée dans la première lecture et plus tard Paul écrit que c’est la révélation d’un mystère gardé depuis toujours dans le silence.

L’amour de Dieu  travaille dans le monde sans rien bousculer, sans rien déranger. Dieu semble absent quand nous l’attendons ou quand nous le cherchons dans l’extraordinaire,  dans un monde déconnecté du quotidien, ou sur une route à la mesure de notre désir. Ce n’est pas l’heure de Dieu qui tarde, c’est nous qui ne l’attendons plus, c’est nous qui ne veillons plus, qui n’entendons pas son appel. Aujourd’hui encore, Dieu continue à appeler des hommes et des femmes. Ce n’est plus par l’ange Gabriel qu’il intervient dans notre vie. Il nous rejoint par les personnes qu’il met sur notre route. Des personnes qui incarnent sa bonté, sa tendresse et sa justice. Dans notre monde troublé, Dieu a besoin de nos mains pour prolonger les siennes avec nos outils et nos talents. Dieu a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Dieu a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la mission qu’il nous confie, Dieu nous invite à lui dire oui. Chacun de nous en est capable. Quand nous disons oui, comme Marie, c’est une grande aventure qui commence.

Un critère de la réalisation de la Parole de Dieu dans nos vies, à la façon de Marie : la joie. Nous sommes profondément joyeux de vivre selon ce que Dieu nous propose, même si cette joie n’est une évidence.

Une conviction quant à la réalisation de ce que Dieu veut pour le monde : cela se fera. Finalement le Royaume de Dieu s’établit, dans la douceur et la discrétion. La Parole de Dieu est efficace.

Nous voici bientôt à Noël, Dieu s’est fait petit, il s’est manifesté dans un enfant, dans sa fragilité

Diocèse de Lyon

Flux L’Evangile quotidien

  • Évangile : « Ils étaient comme des brebis sans berger » (Mc 6, 30-34)

Le saint du jour