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ÉDITORIAL du 2 juin 2024 – Dimanche du Saint-Sacrement, Corps et Sang du Christ

Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14, 12-16.22-26

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.»

« De fêtes en Fête, de jours en jours, le temps de Dieu rejoint le temps de l’homme … » il y a quelques années, nous chantions ce refrain de Noël Colombier, lors de nos célébrations. Depuis le dimanche de Pentecôte, l’Eglise ne cesse de nous faire méditer les mystères les plus importants de la foi. Dimanche dernier, la Sainte Trinité qui, en soi, est déjà un défi pour la raison, et ce dimanche, le Saint-Sacrement, qui ne l’est pas moins.

Du pain et du vin qui deviennent vrai corps et vrai sang du Christ. La transsubstantiation vient nous visiter. Par la prière du célébrant et la foi de l’assemblée, le pain et le vin deviennent présence réelle du Seigneur Jésus Christ. Nous sommes invités à nous asseoir à la table de la Cène, ce fameux jeudi soir, veille de la Passion.

En deux phrases inimaginables, Jésus nous donne sa personne pour la consommation des siècles. Je suis avec vous, vous ferez cela. Pas « vous ferez mémoire du geste de la Cène » – une espèce de pièce de théâtre, pleine d’émotion et de souvenirs, comme lors d’un repas de famille où chacun se souvient, avec gratitude, de tel membre disparu depuis plus ou moins longtemps. Non, ici, ce n’est pas la simulation ou la singerie d’un moment important de la vie du défunt. C’est la rencontre intime avec le défunt, vivant, ressuscité.

Le prêtre agit in persona Christi, à la place du Christ. C’est le Christ lui-même qui, par la bouche de l’officiant, dit : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ».

Il y a de quoi se sentir indigne et incapable. Tant de prononcer ces paroles que de recevoir le Corps et le Sang dans la communion.

Jésus nous invite et nous demande de renouveler son geste. De le faire et de le refaire aussi souvent que possible, chaque semaine, chaque jour, car nous en avons besoin. Jésus se donne à nous pour que nous puissions à notre tour nous donner au monde. Ce n’est pas une imitation que nous faisons : chaque fois que nous communions, Jésus nous renouvelle et nous envoie.

Il serait insensé de ne compter que sur nos propres forces pour que ce monde devienne le Royaume que le Seigneur a inauguré. Car telle est notre mission. Semaine après semaine, jour après jour, nous demandons la force de Dieu pour avancer dans ce monde, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit, nourris du corps et du sang de Jésus, pour être témoins d’un amour plus grand qui ne veut que notre bonheur.

Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL du 26 mai 2024 – Dimanche de la Sainte Trinité

Ecoutez l’homélie de Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 16-20

Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.

Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Tout est accompli.

Après le dimanche de Pentecôte où l’Esprit Saint descend sur le corps des apôtres et fonde l’Eglise, nous accueillons ce dimanche le mystère de la Trinité.

Rien n’est plus difficile pour un esprit cartésien que de concevoir un seul Dieu en trois personnes.

Notre Dieu est unique, il est un. En lui, pas de division. Il n’y a pas un dieu pour ceci et un dieu pour cela. Pas de dieu des semailles et de la fertilité, pas non plus de dieu de la pluie et des moissons.

C’est d’ailleurs ainsi que le judaïsme en est arrivé au Dieu unique. Le monde divin est censé être peuplé de dieux : les dieux naturels qui président à toutes choses, mais chacun dans son domaine. S’il y a une myriade de dieux, ces dieux doivent être organisés, sinon ce serait l’anarchie divine et l’on conclut, par cette logique, qu’il y a une hiérarchie des dieux et donc des chefs de dieux, et ainsi de suite, pour arriver à la conclusion qu’il doit y avoir un chef suprême des dieux, qui a tous les dieux sous ses ordres. Par conséquent, s’il est un super-dieu, ce dieu-là n’a pas besoin de sous-dieu.

Peu à peu, par ce raisonnement, le peuple juif a cru au Dieu unique. Dieu qui s’est manifesté à Abraham. La suite, nous la connaissons, jusqu’au Christ.

Jésus serait-il donc un sous-dieu, et l’Esprit Saint un autre sous-dieu ? Avec un tel raisonnement, nous ferions une terrible marche arrière, et les critiques des autres religions seraient fondées ; ‘vous avez des dieux multiples et vous ne croyez pas au Dieu unique.’ Voilà une méconnaissance de la sollicitude de Dieu pour sa création, et de notre foi. Dieu est un, et trine. C’est-à-dire qu’il a trois visages, trois prosopées, pour reprendre l’expression du théâtre grec. Pour faire simple, le Dieu unique prend des visages différents pour mieux se rapprocher de ses créatures, comme dans le théâtre antique où un seul acteur est plusieurs personnages pour permettre le dénouement de l’intrigue.

Ici, en Dieu, point d’intrigue ni de dénouement, mais une manière unique de mieux se faire proche de chacun d’entre nous dans nos demandes et nos diversités. Le Père principe de Dieu, créateur, qui préside aux grands événements de nos vies. Le Fils principe de Dieu, frère de l’humanité, qui nous accompagne sur notre chemin de vie, c’est le compagnon fidèle toujours proche et prêt à nous aider en toutes circonstances. L’Esprit Saint principe de Dieu, conseiller à notre écoute, qui nous permet de discerner le vrai du faux, le bon du mauvais, le juste de l’inique.

Si Dieu a choisi la Trinité pour être à nos côtés, c’est simplement parce que l’homme a besoin de conseils ajustés pour déterminer quel chemin il doit emprunter, pour avancer sur la route qui lui permettra de devenir ce que Dieu a voulu pour lui, être un être fiable, juste et bon, témoin de l’amour en toutes circonstances.

Père Jorge JIMENEZ

Dimanche 19 mai 2024 – Pentecôte

Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

Fête des vingt ans de la Paroisse de l’Esprit Saint des Portes de Lyon

Veni Sancte Spiritus

Viens, Esprit Saint, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. Viens en nous, père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes adoucissante fraîcheur. Dans le labeur, le repos, dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.
O lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles. Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti. Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé. A tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés. Donne mérite et vertu, donne le salut final donne la joie éternelle. Amen.

 A. Qui est l’Esprit Saint ?

« Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie » ; troisième Personne de la Sainte Trinité, Il procède du Père et du Fils ; avec le Père et le Fils, Il reçoit même adoration et même gloire. Il a parlé par les prophètes. »

B. Les Dons de l’Esprit Saint

  • « Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance (de piété) et de crainte du Seigneur » (Is 11, 2).
  • Les Dons de l’Esprit Saint perfectionnent l’exercice des vertus théologales. Ils ne sont cependant pas plus parfaits que celles-ci, et en particulier que la charité.

1) La sagesse (sapientia)

Elle nous fait goûter (sapere) les choses divines. Perfection de la charité, elle améliore notre connaissance bienheureuse de Dieu et de tout ce qui trouve sa finalité en Dieu et procède de Dieu.

2) L’intelligence (intelligentia)

Elle perfectionne la compréhension des mystères de la foi.

3) Le conseil (consilium)

Perfectionnant la vertu de prudence, le don de conseil aide à bien juger de la volonté de Dieu à chaque instant et pour chacun, rendant capable de conseiller les autres.

4) La force (fortitudo)

Perfectionnant la vertu de force, le don de force rend ferme dans la foi, constant dans la lutte et persévérant et fidèle dans les entreprises.

5) La science (scientia)

Perfectionnant la foi, le don de science fait comprendre ce que sont et doivent être les choses créées, selon les desseins divins de la création et de l’élévation à l’ordre surnaturel.

6) La piété (pietas)

Perfectionnant la vertu de religion, la piété nous donne le sens de notre filiation divine, la conscience joyeuse et surnaturelle d’être enfants de Dieu et, en Jésus-Christ, frères de tous les hommes.

7) La crainte de Dieu (timor Dei)

Perfectionnant la vertu de tempérance, elle nous fait détester tout péché, et imprime en notre cœur l’esprit d’adoration et une humilité profonde et sincère.

C. Les Fruits de l’Esprit Saint

• « Mais le fruit de l’Esprit, c’est la charité, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la longanimité, la mansuétude, la foi, la modestie, la continence et la chasteté » (Galates 5, 22).

ÉDITORIAL du 12 mai 2024 – 7e dimanche de Pâques

Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 11b-19

Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.



Dans quel monde sommes-nous ?
Des pancartes mises à l’envers à l’entrée de nos villes et villages, pour signifier que l’on marche sur la tête. Des prises de parole qui ne collent pas à la réalité de ce que nous vivons. Des décisions qui, sous couvert d’être prises par des experts, ne respectent pas les personnes …
Oui, dans quel monde sommes-nous ?
Un seul enfant catéchisé par classe. Des couples qui demandent le sacrement de mariage pour faire plaisir à la grand-mère. Des enfants qui portent des prénoms fabriqués de toutes pièces. Des noëls transformés en fête des enfants, et des 8 décembre devenus fêtes des lumières. Un jour de congé pour le jeudi de l’Ascension et un autre pour Pentecôte sans bien savoir à quoi cela correspond …
Dans quel monde sommes-nous ?
Le Christ nous le dit très clairement : nous n’appartenons pas à ce monde !
Il est remarquable de constater que la parole du Christ est d’une éternelle actualité…
Les disciples de Jésus n’appartiennent pas à ce monde, ils sont déjà citoyens des cieux. Pour autant, cela ne veut pas dire que nous ne devons pas aimer ce monde ni l’habiter pleinement. Nous avons d’ailleurs cette obligation de transformer ce monde, car il nous a été confié dès la création.


Nous avons une mission là où nous sommes et dans l’époque où nous vivons : donner du sens.
Le monde a perdu le sens, il va sens dessus dessous. Il nous incombe cette difficile mission de témoigner du sens. De tous les sens.
Celui de la vie, de son commencement à sa fin. Qui peut oser dire à une personne que sa vie n’a pas de sens et que, finalement, elle ne mérite pas d’exister …
Le sens de nos fêtes : notre histoire est marquée par la foi chrétienne, notre calendrier est émaillé d’événements de la vie du Christ. Cet homme que nous reconnaissons comme étant le Fils de Dieu venu sur terre et étant Dieu lui-même. Sa naissance, sa mort et sa résurrection, son retour vers le Père et le don de l’Esprit Saint, qui est la naissance de l’Eglise et la présence de Dieu dans notre monde, rythment notre année.
Nombre des noms de nos villes et villages, et nos prénoms sont empruntés à des hommes et des femmes, de toutes conditions et de tous temps, qui ont vécu à la suite du Christ, en mettant en application son message d’amour pour tous, et en particulier pour les petits, les malades et les pauvres.
Il nous revient surtout de manifester qu’un autre rapport entre nous est possible, Que notre vie est orientée et que la mort n’est pas une fin. Nous avons à œuvrer pour que tous et chacun se sache aimé et respecté, car il est à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Père Jorge JIMENEZ

Jeudi 9 mai 2024 – Ascension du Seigneur

Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

« Le seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel » Marc 16, 19

ÉDITORIAL du 5 mai 2024 – 6ème dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 9-17

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Le commandement de l’amour.
Le plus grand de tous et le plus difficile.
Nous avons tous, à un moment ou à un autre de notre vie, utilisé le verbe aimer. Il est évident que nous aimons nos enfants, nos parents, notre conjoint, voire notre pays, ou le chocolat, mais toutes ces amours ne recouvrent ni la même réalité ni notre engagement au même degré.
Jésus nous fait entrer dans la réalité de son amour. Le premier qui nous aime, c’est lui. Nous ne faisons que répondre à son amour. Jésus tient sa capacité d’aimer de son Père qui lui a enseigné ce que l’amour vrai signifie.
Nous pourrions relire la Bible avec cette grille de lecture : qu’est-ce qu’aimer veut dire pour Dieu ? Nous serions surpris des réponses que nous donne la Première Alliance. L’amour se reçoit, c’est un don, il naît d’une parole, c’est une promesse, il engage à une fidélité et demande de faire mémoire. Il y a bien d’autres enseignements sur l’amour que nous donne l’Ancien Testament, et nous sommes tous invités à les découvrir.
Quand Dieu aime, il s’engage et tient sa parole. Le livre de la Genèse nous montre un Dieu créateur qui s’engage et qui se souvient. Il invite à faire alliance avec lui. Cet amour exige la vérité, laquelle lie les membres qui s’engagent. Le lien avec Dieu est à l’image de Dieu. Si Dieu nous aime d’un amour éternel, nous sommes alors capables d’aimer comme Dieu.
Aimer peut nous conduire à donner la vie, mais aussi à donner sa vie.
Le don de la vie a deux facettes : l’une est du domaine de l’accueil et l’autre est du domaine de l’offrande. Ce sont les deux faces d’une même pièce.
C’est dans ce double mouvement que nous comprenons jusqu’où va l’amour du Christ et jusqu’où nous sommes invités à nous donner.
« Ce que je vous demande c’est de vous donner les uns aux autres » pourrait-on plagier. La grandeur de l’amour se trouve dans le don vrai et total. Si nous vivons pleinement cette forme de don, Dieu ne peut qu’écouter la demande de son Fils qu’il formule par notre bouche. Dieu, comme tout père aimant, ne refuse rien au fils que nous sommes alors devenu.
L’amour porte du fruit et le fruit de l’amour, c’est le don. Nous le voyons en contemplant le Christ. Devenant à notre tour image et ressemblance du Christ, nous saisissons le sens de l’offrande de sa vie et du service du jeudi saint. « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? » nous demande-t-il.
Que pouvons-nous, aujourd’hui, lui répondre ?
Père Jorge

ÉDITORIAL du 28 avril 2024 – 5 e dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 1-8

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » .

La promesse n’est-elle pas belle ? « Demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous ».Et l’on ne cesse de demander… Curieusement, rien ne se passe. En fait, notre volonténe se réalise pas, il y a comme un hiatus entre la promesse faite et sa réalisation.La promesse du Christ ne se réalise pas, et notre foi en lui est mise à mal par cette incertitude. Le Dieu de Jésus-Christ doit faire ce qu’il dit : il n’est pas possible que Celui qui se présente comme le chemin, la vérité et la vie ne réalise pas sa parole.

Au cours d’une récente conférence d’une théologienne, Mary Healy, lors de son passage à Lyon, la question de la réalisation des promesses a été posée par un auditeur. La réponse a été très concise – voire un peu brutale – à savoir que la réalisation des demandes est soit immédiate, soit différée, soit pour la vie éternelle.

Cela satisfait le théologien, mais pas forcément les êtres humains que nous sommes et qui aspirent à la réalisation de ces demandes à courte échéance. Si Dieu ne ment pas, pourquoi cet ajournement ?

Il se peut simplement que nous ayons oublié le premier membre de la réponse de Jésus : « Si vous demeurez en moi ». La condition de réalisation se trouve dans cette proposition du Christ de demeurer en lui. Le défi de la vie chrétienne réside dans cette assertion. D’ailleurs, les mots ‘demeure’ et ‘demeurez’ reviennent plusieurs fois dans l’évangile de Jean, ils sont le lieu de la rencontre et de la stabilité « Maître, où demeures-tu ? » (Jn 1, 38) « Venez et voyez » (Jn 1, 39). Ce thème est présent dès les premières lignes de cet évangile. Le problème ne se situe pas dans la réalisation des promesses mais dans notre adhésion à la personne du Christ. Notre foi est chrétienne, c’est-à-dire que nous croyons en Jésus Fils de Dieu fait homme, et non pas à une somme de valeurs – aussi belles et utiles qu’elles soient – mais à la suite d’une personne à laquelle nous devons être attachés. Pour reprendre l’image de la vigne : greffés.

Nous avons tous tendance à nous conformer à l’application d’une loi, d’un code, d’une morale. Si nous réalisons les préceptes de la loi, nous sommes dans le comportement juste et Dieu doit nous obéir. Nous avons un lien marchand à Dieu : je fais et tu dois faire. Mais dans la relation au Christ, nous ne sommes pas dans le registre commercial. Le lien amical, le lien du cœur à cœur, ne peut se satisfaire d’un rapport d’obligation réciproque : nous entrons dans un autre lien, bien plus subtil, bien plus existentiel.

C’est ce lien qu’il nous faut trouver et développer. Alors nous verrons, comme par surprise, que le Dieu de Jésus-Christ satisfait sans attendre nos justes demandes, comme un ami qui fait ce qui lui est possible pour son ami, comme un père pour ses enfants.

Père Jorge JIMENEZ

Editorial – Dimanche 21 avril 2024 – 4e dimanche de Pâques

Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

ÉDITORIAL du 14 avril 2024 – 3ème dimanche de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24, 35-48


Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? »


Un spectre ne mange pas ! Mais, en même temps, un homme n’apparaît pas dans une pièce
fermée ! Alors, quel est le statut de Jésus ?
Il est Ressuscité ! La réponse est facile, en particulier dans le temps de Pâques.
Le corps de Jésus donne à voir ses plaies. Il s’agit bien du crucifié qui se présente devant eux.
La frayeur des disciples est compréhensible, et je suis sûr que nous la partagerions si nous
étions avec eux dans la salle haute.
Jésus se fait reconnaître une fois de plus, comme il l’a fait à Marie Madeleine, aux disciples
d’Emmaüs, ceux-là mêmes qui sont en train de raconter leur rencontre aux apôtres.
Jésus se fait reconnaître, c’est donc qu’il est différent de sa vie terrestre, tout en étant le même.
La résurrection imprime donc sa marque sur le corps de celui qui en est bénéficiaire, le Christ
lui-même en l’occurrence. Notre corps charnel est marqué par les épreuves de la vie, les joies et
les souffrances en particulier.
Mais le corps de résurrection, comment peut-on avoir une idée de ce qu’il sera ?
Certains parlent du corps de gloire, qui a passé l’épreuve de la vie, qui est transformé par
l’amour de Dieu, qui se manifeste en la résurrection.


Parfois, je demande aux personnes qui me posent cette question de faire l’expérience suivante :
fermez les yeux, pensez à une personne qui est décédée et que vous avez vraiment aimée. Que
voyez-vous d’elle ? Ses rides, ses douleurs, ses imperfections ? Non, bien évidemment …

Le corps que votre cœur a gardé en mémoire est sans doute sans rides ni taches, il est ce corps
glorieux que vous voyez pour elle. Et sans doute vous avez raison.


Le corps que Jésus donne à voir est de ce registre et il a l’air d’être différent pour chaque
manifestation du ressuscité, car le lien est particulier pour chacun.
Je n’irai pas beaucoup plus loin sur ce sujet, mais j’ai envie d’en tirer avec vous ces deux
réflexions :
Le Christ a besoin de se faire reconnaître. Soit nos yeux sont aveugles, soit il est différent, sans
doute un peu des deux. Je pense qu’il faut faire un effort pour reconnaître le Ressuscité. J’en
tirerai la leçon suivante : il nous faut être participants de cette rencontre. Jésus se donne à voir,
mais il nous faut vouloir le rencontrer. Combien de fois sommes-nous passés à côté de lui et nos
yeux étaient aveugles… Demandons au Seigneur de nous ouvrir les yeux et le cœur à sa
présence.

Ma seconde réflexion, plus triviale, est que la résurrection n’a rien à voir avec la littérature
concernant les spectres, les fantômes et divers ectoplasmes plus ou moins spirituels. La
résurrection du Christ est une réalité qui nous ouvre un avenir où nous serons honorés dans
notre corps
, seul lieu de rencontre entre les hommes, seul lieu de manifestation de l’amour
humain, seul véritable désir de Dieu pour nous.


Père Jorge JIMENEZ

ÉDITORIAL du 7 avril 2024 – 2e dimanche de Pâques – Dimanche de la Miséricorde

Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20, 19-31

Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Thomas et le risque de la foi…
Je crois que nous avons tous un faible pour Thomas. Il est celui qui nous dit d’une manière toute particulière que croire n’est pas une évidence.
Le Christ est mort et a été enseveli, cela ne fait aucun doute : les témoins sont nombreux, tout Jérusalem était là. Quelques femmes sont allées prendre soin du corps et la pierre était roulée. Le doute commence à s’immiscer. Pierre et l’autre disciple se sont rendus auprès du tombeau et ils n’ont rien vu. L’un a cru, l’autre on ne sait toujours pas. Il y a certaines personnes qui disent l’avoir reconnu, pourquoi pas…
Mais moi, quelle preuve ai-je que le Christ est vivant ?
L’interrogation de Thomas est aussi la nôtre. Notre foi, aussi forte que nous puissions la proclamer, est toujours fragile.
Pourquoi notre temps, comme tous les temps d’ailleurs, est-il à la recherche de preuves ? Saint Thomas n’est que le premier.
Depuis saint Anselme, en passant par Kant ou saint Thomas d’Aquin, beaucoup ont essayé de prouver que Dieu existe.
Le saint suaire est-il une preuve de la résurrection ?
Si oui, alors pourquoi y a-t-il encore des personnes athées et d’autres religions ?
La question nous met un rien mal à l’aise. La foi n’a pas besoin de preuve sinon ce ne serait pas la foi, mais le savoir. Je sais que Dieu est vivant.
Cette phrase fait aussi mal aux entournures.
La seule chose que je sais est ce que la Tradition m’a transmis. Je crois parce que d’autres avant moi ont cru.
Et là, il se passe quelque chose d’inouï : j’accepte que mon intelligence devienne servante de ma foi. Cet acte est essentiel. Je n’ai pas de preuves, je n’ai pas de savoir, les témoignages que j’ai me suffisent et l’expérience que je fais me suffit. La foi vient recouvrir le doute.
C’est le chemin de Thomas, il passe par le témoignage des disciples, la demande de preuve et sa propre expérience de rencontre avec le Ressuscité avant d’abandonner sa superbe.
Peu d’entre nous parcourrons la totalité du chemin de Thomas. La rencontre en chair et en os de Jésus est fort improbable : c’est pourquoi le Christ s’adresse directement à nous dans cet évangile : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».
Père Jorge JIMENEZ

Diocèse de Lyon

Flux L’Evangile quotidien

  • Évangile : « On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue » (Jn 7, 1-2.10.14.25-30)

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