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ÉDITORIAL du 24 mars 2024 – Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Ecouter l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14, 1-72.15, 1-47

La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu deux jours après. Les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir.

Cet évangile me fait toujours pleurer.
Une paroissienne, qui peu à peu devient une amie, m’a fait cette réponse quand je lui ai demandé sur quel passage je pouvais faire mon édito du dimanche des Rameaux et de la Passion : « On ne peut pas tronçonner ce texte … » Elle a totalement raison et je dois avouer que moi aussi, pendant longtemps, et aujourd’hui encore, je ne peux entendre ou proclamer cet évangile sans ressentir une vive émotion proche des larmes. Cet évangile est un tout, comme l’est le Triduum pascal dans lequel nous entrons ce dimanche.
Peut-on rester insensible devant les outrages que le Christ subit, rester de marbre devant le déroulement inique qui, inéluctablement, conduira le juste au gibet de la croix…
La Passion de notre Seigneur Jésus Christ. La proclamation de l’Evangile se fait sobrement, souvent à plusieurs voix, sans emphase, ni encens, ni luminaires.
Le prêtre seul à l’autel et les autres lecteurs aux divers ambons.
Cette proclamation est revêtue de dignité et de majesté. Nous sentons que ce texte a une portée différente, il a une place à part dans les évangiles. Dans la Passion se joue une part de notre humanité. Nous sommes acteurs de ce texte. Certes, voici environ 2000 ans que la Passion a eu lieu. Alors pourquoi ce texte a-t-il toujours un tel impact sur nous ?
Il ne s’agit pas d’une émotion de théâtre qui, comme de nombreux spectacles, n’imprime aucune marque en nous. La Passion laisse une trace sur ses auditeurs. Nous sommes plongés dans la scène. Nous sommes invités au dernier repas. Nous voici au Jardin des Oliviers, les psaumes sur les lèvres et au cœur, nous entendons dans la nuit le bruit des armes des Romains et les paroles murmurées par Judas.
Nous assistons, terrifiés comme Pierre, au procès et nous sommes témoins de la lâcheté humaine, de la nôtre en tout premier lieu. Qu’aurais-je dit, qu’aurais-je fait ?… Sans doute rien de plus que les disciples emmurés dans leur terreur. Pourquoi lui ?! Il n’a rien fait ! Mais surtout pas nous, qui ne faisons rien.
Compagnons de silence au pied de la croix.
Le Christ, grand prêtre, donne sa vie en sacrifice, et nous qui chantions sa gloire il y a quelques instants aux portes de Jérusalem, nous voici maintenant seuls. Notre Dieu est mort.
Allons-nous nous rendre devant le tombeau comme les saintes femmes … ?
Allons-nous reprendre le chemin de notre routine … ?
Allons devenir disciples du vivant.


Père Jorge JIMENEZ

Diocèse de Lyon

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  • Évangile : « Ce n’est pas Moïse, c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel » (Jn 6, 30-35)

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