Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

La basilique du Latran est la cathédrale du Pape. Érigée vers 320 par l’empereur Constantin, elle est la première en date et en dignité de toutes les églises d’Occident.
La fête de sa dédicace nous rappelle que le ministère du pape, successeur de Pierre, est de constituer pour le peuple de Dieu le principe et le fondement visible de son unité (extrait du Missel romain). Premier édifice monumental chrétien construit en Occident, elle est l’église cathédrale de l’évêque de Rome, le pape. À ce titre, elle est considérée comme la « mère » en ancienneté et dignité de toutes les églises de Rome et du monde. On retrouve d’ailleurs sur le fronton central de sa façade la devise « Mater et Caput omnium ecclesiarum urbis et orbis », « Mère et chef de toutes les églises de Rome et du monde ». in SNPL conférence de évêques de France.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2, 13-22
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et
toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait
dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Jésus se met en colère et l’évangile nous rapporte cet épisode.
La colère, considérée comme un des sept péchés capitaux, est ici justifiée car il s’agit de justice, c’est d’ailleurs en ce sens que la colère de Jésus n’est pas considérée comme un péché. Nous savons que les marchands du temple ont conclu avec les prêtres de petits arrangements qui leur permettent de monter de plus en plus près du saint et ainsi d’avoir une meilleure place pour la vente des animaux pour les sacrifices, et donc de meilleurs revenus, qu’ils partagent avec les prêtres.
Ces arrangements sont une des causes de la tension entre Jésus et le clergé.
Nous avons dans ce texte un double niveau de compréhension : le premier, factuel, qui est de chasser les vendeurs du lieu où ils ne devraient pas être admis, et le second concerne le corps de Jésus, vrai temple de Dieu.
Le corps du Christ est cette présence de Dieu au cœur de son humanité qui nous est partagée à chaque eucharistie. En consommant le corps du Christ, comme il nous a dit de le faire, nous devenons à notre tour temple. C’est-à-dire sanctuaire de Dieu pour nos frères. Nous oublions bien souvent cette dimension de la communion. C’est pour cela que, lors de la procession de communion, nous devrions nous incliner devant notre frère qui vient de recevoir le corps du Christ et qui devient temple de la présence de Dieu…
N’oublions pas que nous avons cette mission de porter le Christ autour de nous.
Certains portent la communion à nos frères malades et absents de la communauté,
mais tous et chacun, nous sommes les porte-Dieu pour notre monde là où nous
sommes.
Cette responsabilité, nous la devons au Seigneur qui accepte de faire de nous le lieu de sa présence. Cela nous invite à une qualité de présence mais aussi de respect.
Nous prenons soin des bâtiments, dans la mesure du possible, nous devrions aussi entendre cette invitation à prendre soin de nos vies et de nos corps, véritables sanctuaires de la présence de Dieu.
Père Jorge JIMENEZ