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ÉDITORIAL du 8 mars 2026 – 3e dimanche du Carême – année A

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 4, 5-42



Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »


Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.
Quelle chance avons-nous d’avoir ce texte en ce dimanche où l’Église célèbre les premiers scrutins des catéchumènes, ces hommes et ces femmes qui doivent recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne pour Pâques : baptême, confirmation et communion…
Ils sont là tous les deux dans un face-à-face improbable. Tout les oppose : lui, un juif pratiquant ; elle, une Samaritaine à la vie désordonnée. Lui a soif, elle vient puiser de l’eau. Mais qui a vraiment soif, et de quoi ? C’est tout l’enjeu de cette rencontre.
Nous le savons, la rencontre se termine pour elle par cette déclaration : Il m’a dit tout ce que je suis. La traduction liturgique nous dit : tout ce que j’ai fait, mais nous pouvons entendre aussi cette autre proposition. En effet, la rencontre avec Jésus nous révèle notre réalité propre, notre intimité la plus profonde.
C’est ce que les catéchumènes nous montrent. Leur rencontre avec Jésus les a littéralement bouleversés. Ils veulent devenir chrétiens : c’est une urgence pour eux. Leur rencontre avec le Seigneur a parfois des traits de celle avec la Samaritaine. Ils avaient une vie bien tranquille, bien réglée. Ils s’étaient accommodés de leur manière d’être et de faire, parfois avec quelques excès, souvent simplement, sans rien d’extraordinaire. Mais les voilà saisis par le Christ. Les circonstances sont parfois surprenantes : en entrant dans une église, en rencontrant un chrétien, lors d’un deuil ou d’une maladie, parfois en pleine nature. L’évidence se fait jour : ils veulent devenir chrétiens, ils veulent mieux connaître le Christ, ils veulent faire partie de la communauté. Le chemin est devant eux. Ils viennent frapper à la porte de l’Église, timidement, avec la peur d’être jugés, craignant de ne pas être en règle. Et voilà qu’un chemin leur est proposé. Ils demandent le baptême, et l’Église voit plus grand pour eux :« Vous demandez le baptême, nous vous proposons la foi, l’Église, la communauté. Nous vous proposons de devenir disciples. »
Cette proposition est surprenante, mais elle est le désir de Dieu pour chacun : devenir disciple, devenir témoin du Christ, de sa vie et de son amour. Pour cela, un accompagnement personnel est proposé, mais aussi communautaire, avec les fraternités catéchuménales. Une initiation à la prière fait aussi partie de cette découverte, ainsi que la lecture commentée et méditée d’un évangile.
Suivre le Christ est un projet de vie. Il faut mettre toutes les chances de son côté, car parfois la communauté des chrétiens fait comme les disciples quand ils reviennent vers Jésus : ils ne comprennent pas et se taisent. Nous sommes ces vieux chrétiens, habitués au langage de l’Église, à ses rites et à ses contradictions. Les catéchumènes viennent nous questionner sur notre manière d’être, de prier, de témoigner. Comme un enfant qui ne cesse de demander pourquoi, les catéchumènes attendent de nous des réponses et un témoignage de vie et de foi.
Ne les décevons pas. Ils sont une chance pour nos communautés, car ils sont déjà l’aujourd’hui de nos paroisses. Et, comme la Samaritaine, ils peuvent aller chercher ceux que nous ne savons pas rejoindre. Sachons les accueillir et leur laisser la place qui est déjà la leur.

Père Jorge JIMENEZ