Home » Accueil » ÉDITORIAL du 29 mars 2026 – Dimanche des Rameaux et de la Passion – A

ÉDITORIAL du 29 mars 2026 – Dimanche des Rameaux et de la Passion – A

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26, 14-27, 66

Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.


Nous avons l’habitude de parler du Dimanche des Rameaux. Il est vrai que cette partie de la liturgie du week-end est plus attractive que la seconde.
Avec la bénédiction des rameaux et la procession, notre cœur est en joie, et chacun tente de rapporter chez soi le signe de cette entrée messianique, avec ce rameau béni qui sera, pour l’année, le signe de notre attachement au Christ.
Mais ce n’est que l’entrée de la célébration, car la liturgie de la Parole se situe sur un tout autre registre. Nous allons lire la Passion. Ce texte nous met face à notre responsabilité et nous fait vivre, en une seule messe, ce que nous expérimenterons pendant le Triduum pascal, une célébration qui se déroule sur trois jours.


Il n’est pas nécessaire de reprendre chaque instant de cette liturgie ; nous aurons le temps de nous laisser rejoindre, à partir de jeudi, par ce drame qui touche actuellement des milliers d’hommes et de femmes : le juste placé au rang des assassins, l’horreur en acte, le mensonge érigé en mode de vie.


La célébration de ce week-end a un caractère presque schizophrénique  : en quelques instants, nous passons de la joie la plus profonde à l’angoisse la plus totale.
Comment pouvons-nous traverser ce tourbillon de sentiments sans être touchés dans notre être le plus profond ? Que se passe-t-il en nous quand nous chantons « Hosanna », et peu de temps après entendons le cri du Christ, qui vient déchirer nos âmes ?
Sans doute sommes-nous déjà habitués à ce grand écart : par nos années de pratique, mais aussi par le rythme du monde et des informations, qui nous font vivre le même étirement, pour ne pas dire cet écartèlement.
Qui sommes-nous vraiment devant ce Dieu que nous acclamons et crucifions en un même mouvement ?


Ce n’est qu’une liturgie ? Rien ne se passe vraiment ? Nous faisons mémoire de la Passion. N’oublions pas trop vite que la liturgie est l’action du peuple de Dieu.
S’il s’agit d’une action, nous en sommes les acteurs, et nous ne pouvons pas dire que ce qui se passe à cet instant n’est qu’une représentation, comme si c’était du théâtre et que rien n’était vrai.
Nous allons vivre le Dimanche des Rameaux et de la Passion, et nous en serons les premiers et les seuls acteurs.
Comme pour l’Eucharistie, où le Christ nous invite à sa table le Jeudi de la Cène, ce week-end, nous allons être entraînés à vivre ces deux moments de la vie de Jésus : son entrée messianique à Jérusalem et la Passion, ce moment de l’échec de l’humanité face à Dieu.


À nous d’entrer dans les sentiments de Jésus, ou de ceux des disciples et de la foule, pour vivre en vérité ces instants fondateurs de notre foi, qui précèdent ce que nul homme ne pouvait deviner : la mort est vaincue.
Espérons que cette parole de foi embrase notre temps.

Père Jorge JIMENEZ