
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11, 1-45
En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
Le cinquième dimanche de Carême nous donne d’entendre une fois encore le récit de la résurrection de Lazare et la question que Jésus adresse à Marthe — et à chacun de nous : « Crois-tu cela ? »
Le temps est désormais compté. La semaine prochaine, avec l’Église tout entière, nous accueillerons le Christ entrant à Jérusalem monté sur un ânon, avant de vivre avec lui sa Passion. Nous serons alors aux portes de la semaine sainte.
Lazare, le cher ami de Jésus, frère de Marthe et de Marie — ces deux femmes si importantes dans la vie du Seigneur — tombe gravement malade. Cette famille est pour Jésus comme une seconde famille, un lieu d’amitié et d’affection. Mais voici que le drame survient : Lazare meurt.
Tous espèrent en Jésus. Il en a déjà sauvé d’autres : il a relevé la belle-mère de Pierre, rendu la vie à la fille de Jaïre, au fils de la veuve de Naïm. Combien de fois a-t-il accompli des signes qui ont marqué les esprits ! Combien de fois a-t-il manifesté sa puissance ! Alors la question se pose : que va-t-il faire pour son ami ? Nous nous attendons à ce qu’il se précipite, qu’il traverse les foules, qu’il fasse quelque chose. C’est la logique de l’amitié. Et pourtant, il ne vient pas tout de suite. Il attend. Il tarde. Cela semble incompréhensible.
Aurait-il peur d’aller en Judée ? Tous savent qu’il n’y est pas le bienvenu et que sa vie y est menacée. Mais Jésus n’agit pas par peur.
Il dit que Lazare s’est endormi — parlant ainsi de la mort. Les disciples pensent alors que ce n’est pas grave. Mais ils ont du mal à comprendre que Lazare soit réellement mort. Marthe et Marie espèrent toujours, mais elles peinent à comprendre les paroles de Jésus. Elles sont comme les disciples : elles aussi sont disciples.
Marthe affirme sa foi : Lazare ressuscitera au dernier jour. Elle croit à la promesse de Dieu. Mais croire que Jésus lui-même est la résurrection et la vie, voilà un acte de foi encore plus profond et toujours difficile.
Car Jésus est maître de la vie. La mort ne peut tenir devant lui. Elle ne peut retenir prisonniers ceux que le Seigneur appelle à la liberté.
Et ce n’est pas seulement au dernier jour : déjà maintenant la puissance de Dieu agit. Par sa parole, Jésus fait reculer la mort.
Alors Lazare sort du tombeau, encore lié par des bandelettes. La mort n’a pas pu le retenir : la parole de Jésus a rendu la vie. Et la question demeure : « Crois-tu cela ? »
Cette question est redoutable. Bien sûr, comme croyants, nous adhérons à ce que nous rapporte l’Écriture. Mais comme hommes et femmes soumis au temps, nous faisons l’expérience de la mort, pas encore celle de la résurrection. Alors il faut croire.
Le signe donné en Lazare manifeste la puissance de Jésus sur la mort. Mais Lazare est mort de nouveau un jour.
Un seul est vivant pour toujours : le Christ. Le crois-tu vraiment ?
Père Jorge JIMENEZ