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ÉDITORIAL du 19 avril 2026 – 3e dimanche de Pâques – année A

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24, 13-35

« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Nous sommes sur le même chemin que les disciples se rendant vers Emmaüs. Les fêtes de Pâques sont si proches et pourtant déjà si lointaines. Les enfants sont en vacances et nous profitons de ce temps pour nous changer les idées.
Non pas que ce que nous venons de vivre ait été pesant ou harassant, mais tout de même, l’année est bien longue et notre vie est traversée par tellement de soucis et d’incertitudes qu’un peu de légèreté ne nous fait pas de mal.
Certes, nous ne sommes pas tout à fait dans les mêmes circonstances que les deux disciples qui rentrent chez eux, mais il se peut que nous partagions la même déception : déception de nous-mêmes, déception du monde.
Eux rentrent et ne comprennent pas ce qui s’est passé. Jésus avait suscité de tels espoirs, et le voilà mort. Ils ont quitté la ville de Jérusalem à la fin des fêtes, comme beaucoup, mais eux avec une déception encore plus grande : leur espérance est morte, et eux avec elle, un peu aussi.
Dans notre cas, quelle est notre espérance ? Où avons-nous mis notre cœur ?
Si c’est dans la capacité que l’humanité a de servir la paix et de former un unique genre humain capable de transformer les épreuves en victoires pour tous, cela semble compromis.
Si c’est dans notre capacité à ressaisir notre vie et à vivre en ressuscités à la suite du Christ, cela ne tient qu’à nous. Nous pouvons nous lamenter sur l’état du monde, sur les politiques qui oublient qu’ils sont au service des plus faibles.
Mais nous, que faisons-nous ? Où est notre espérance ?
Nous pouvons bien sûr aller de l’avant en nous enivrant d’activités, mais cela ne serait pas l’attitude d’un disciple du Christ.
Il y a un temps d’arrêt, un temps pour faire mémoire : qu’avons-nous vécu, et pourquoi ? Un temps d’analyse : qu’est-ce que cela a produit en nous ? Et, pour finir, un temps d’action. Sans oublier le plus important : le temps de la rencontre, le moment où le Christ s’est manifesté à nous et où nous nous sommes laissés rencontrer.
Le récit des disciples sur le chemin d’Emmaüs pourrait être notre parcours habituel, notre grille de relecture de vie.
Le Christ est venu à notre rencontre : nous sommes-nous laissés approcher ?
Si nous sommes dans ce temps de pause, il serait sans doute bon de relire notre histoire sainte, ou simplement notre semaine sainte passée, et de nous arrêter aux moments où notre cœur était tout brûlant, afin de pouvoir porter ce feu à ceux qui sont encore sur le chemin de la désolation.

Père Jorge JIMENEZ