Ecoutez l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 1b-11a
« J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »
Nous sommes dans un entre-deux : entre le jeudi de l’Ascension et le dimanche de Pentecôte. Dans un temps où il ne se passe rien de particulier, un de ces temps qui nous semblent interminables, car ils ne servent à rien sinon à passer le temps.
Cette semaine est ce temps d’attente, ce temps où Jésus nous promet une chose et nous laisse seuls. Un temps qui pourrait n’être qu’une promesse sans accomplissement.
Je vais vous envoyer…
Ce temps est un temps d’épreuve qui nous ouvre à l’intériorité et à la foi.
Nous nous trouvons dans l’attente ; nous sommes entre les deux avènements du Seigneur : il est venu et il reviendra. Cette réalité de foi, nous la proclamons à chaque messe lors de l’anamnèse ; elle manifeste notre espérance : Viens, Seigneur Jésus !
Avant la réalisation de son retour glorieux, Jésus nous promet le don de l’Esprit Saint, l’autre Défenseur, qui accomplira son œuvre en nous et nous permettra d’attendre son dernier avènement.
Le Christ est maintenant auprès du Père, et il lui demande d’avoir part à la gloire qu’il avait avant que le monde fût créé. Que signifie exactement le terme de gloire ? Est-ce celle des idoles qui veulent nous enfermer sur nous-mêmes, en annihilant notre liberté et en nous plongeant dans l’orgueil et l’hypocrisie, nous ôtant ainsi tout moyen d’accéder au salut ? Ou est-ce la présence, le rayonnement de Celui qui nous permet d’accéder, par sa personne, à une autre vie possible ?
C’est une présence qui s’offre totalement et qui, par son humilité, indique la seule et véritable source de toute gloire : le Père créateur, origine et terme de toute chose.
La prière dont nous sommes aujourd’hui témoins est celle de Jésus le soir du jeudi saint. Il prononce cette prière, que les théologiens nomment la prière sacerdotale, juste avant d’accepter son passage vers le Père et le terme de sa vie sur terre. Cette prière nous ouvre à l’offrande véritable. Jésus ne veut rien pour lui ; sa gloire réside dans son retour au Père pour le salut de l’humanité. Il remet au Père tout ce que Celui-ci lui a confié.
Le Christ ne retient rien, mais il est tout offrande. En ce moment tragique de son existence, son offrande devient le modèle de toute prière.
Une vie d’offrande et un souci infini pour l’humanité. Il sait qu’il nous laisse et que nous serons tous en proie à de terribles tentations et désarrois. L’acte ultime de Jésus est de nous réconforter : sa prière nous confie au Père, qui ne saurait nous laisser sans secours.
Le secours vient, et l’Esprit Saint, le Paraclet, nous préparera à accueillir le retour de notre véritable Défenseur.
Père Jorge JIMENEZ