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ÉDITORIAL du 22 février 2026 1er dimanche de Carême

Ecouter l’homélie du Père Jorge Jimenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4, 1-11
En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Nous changeons de temps liturgique. Mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême : un temps de pénitence, un temps de préparation, un temps de sobriété. Vous le remarquerez sans doute, l’accompagnement de nos liturgies dominicales va se teinter de couleurs plus sobres, laissant davantage de place au silence, avec un choix musical plus restreint. Ces choix ne sont pas anodins : ils veulent nous aider à mieux nous préparer au bouleversement radical de la nuit pascale. La mort est vaincue, et la promesse de la résurrection s’adresse à chacun de nous. Avec le Christ, nous ressusciterons. Telle est notre foi. Je ne peux croire que cette paroisse soit composée de pratiquants non croyants. Il n’est pas question ici de réincarnation ou de métempsychose : le Christ a vaincu la mort. La mort est morte. Notre dernier ennemi n’a pas survécu à la gloire de la Résurrection. Revenons au temps du Carême. Les cendres que nous avons reçues mercredi dernier marquent le chemin qu’il nous faut parcourir. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Croyez à cette Bonne Nouvelle de tout votre coeur, de tout votre corps ; que votre âme et votre esprit se mettent en route sur ce chemin de pénitence et de conversion. Nous ne sommes pas seuls à vivre ces quarante jours : l’Église entière se met en marche à la suite du Christ. Poussé par l’Esprit après son baptême, le voilà — avec nous — aux prises avec les tentations. Nous pourrions, dans un langage plus actuel, regrouper ces tentations sous trois dimensions : économique, religieuse et politique. Le pain comme tentation économique. Il n’y a rien de mal à manger. Mais lorsque nous regardons notre société de consommation, qui crée chaque jour de nouveaux besoins à satisfaire immédiatement, cette tentation prend tout son sens. Un peu de sobriété économique pourrait sans doute nous aider à revisiter et purifier notre désir spirituel. Jésus au sommet du Temple : la tentation religieuse. Un miracle pour sauver sa vie — après tout, ce n’est pas grand-chose, et il en accomplira bien d’autres. Combien de vies ont été sauvées au cours de l’histoire en invoquant le nom de Jésus ? Mais le diable cherche à briser le lien d’intimité entre le Fils et le Père. En demandant cet acte, il suggère à Jésus de s’émanciper du Père, de quitter l’obéissance pour entrer dans la défiance. Nous aussi, nous pouvons être tentés de mettre Dieu à l’épreuve, de l’aimer à condition qu’il fasse ce que nous lui demandons. Profitons de ce temps pour revisiter nos liens à Dieu et à nos frères. Enfin, le sommet de la montagne : la tentation politique. Elle est évidente : « Je te donnerai tout ce pouvoir », dit le malin. Mais à qui appartient il réellement ? Ceux qui exercent le pouvoir le font-ils pour le bien de tous ou pour leur propre gloire ? Le Christ peut-il renoncer à sa mission, lui qui est venu pour servir et non pour être servi ? Face à cette tentation, je suis invité à relire mes propres actes : ai-je vraiment endossé, pleinement, le tablier du serviteur ? Que ces quarante jours nous aident à relire nos choix, à purifier nos désirs et à avancer, avec le Christ, vers la joie de Pâques.

Père Jorge JIMENEZ