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Homélie de la messe de la nuit de Noël 2017

Joie de Noël

La joie est dans les cœurs pour cette fête. Toujours, les enfants sont excités, ravis de toutes ces fêtes, des cadeaux. Les adultes exultent aussi, retrouvent la joie de leur enfance. L’imaginaire joue un rôle aussi dans cette effervescence.

Nous sommes dans la joie car, quel que soit notre rapport à la foi, à l’église, et même à la société et à ses modèles, un enfant nous est donné comme signe de l’amour de Dieu. Le règne de Dieu se manifeste dans la fragilité. Un enfant ne peut faire peur à personne.

Cet enfant vient au monde dans des conditions particulières. Le récit que nous en donne Luc ouvre au sens de cette naissance. Cet enfant nait sur la route, au hasard des déplacements provoqués par les décisions des puissants. Cela nous renvoie aux déplacés de toute sorte qui ne trouvent pas place chez nous. C’est Noël lorsque les paroissiens s’organisent pour permettre à des personnes déplacées de trouver place au milieu de nous. Nous découvrons dès sa naissance que Jésus vient renverser les valeurs de notre monde. Cet homme insignifiant et sans pouvoir se révèle comme le vraiment puissant, celui dont tout dépend. Donc devenir chrétien consiste à sortir de ce que tous pensent et veulent, pour considérer le monde sous le regard bienveillant de Dieu.

Cet enfant nous est annoncé dans la première lecture comme un enfant qui porte sur son épaule « l’insigne du pouvoir ». Cet enfant naît dans une mangeoire, il est aussi enveloppé de langes. Tout cela nous oriente vers Pâques, vraie lumière pour tous les peuples. L’insigne du pouvoir que Jésus porte sur son épaule : c’est la croix qu’il portera pour apporter le salut au monde dans sa passion, la croix est aussi la clef du Royaume donnée aux hommes. Les langes sont ceux de l’ensevelissement de Jésus. La mangeoire est le lieu qui fait de cet enfant la nourriture donnée aux disciples, et à tous les hommes, pour vivre de la vie même de Dieu.

Cet enfant, l’Église le met sans cesse au monde. Elle le remet sans cesse aux hommes, dans la célébration de la messe, de l’Eucharistie.

À Marcy, où la crèche se trouve à l’extérieur de l’église, nous mettons l’enfant Jésus devant l’autel pendant la célébration. Nous le remettons dehors à la fin de la célébration. En cela nous sommes deux fois prophètes. Nous disons clairement au monde que nous participons de son péché, qui consiste à mettre le pauvre à l’écart de nos assemblées, alors même que le pauvre, c’est le Christ. Nous le remettons aussi au monde, nous le donnons à nos frères. Il ne nous appartient pas, il est pour le monde. D’ailleurs nous voyons bien combien la figure de l’enfant Jésus envahi le monde – bien au de-là de nos célébrations. Cela aussi est une grande joie. Avec le monde, dans le monde, nous faisons jaillir cette nuit notre joie.

Diocèse de Lyon

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  • Évangile : « Jésus appela ceux qu’il voulait pour qu’ils soient avec lui » (Mc 3, 13-19)

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